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La Fédération des Asufor de Matam a récemment exprimé son courroux après l’annonce de la privatisation des forages ruraux. Elle salue la suspension de la mesure décidée par le chef de l’Etat, mais campe sur sa position de s’y opposer.

C’est une décision qui ravit la Fédération des associations des usagers du forage (Asufor) de Matam qui a salué la «clairvoyance du chef de l’Etat». Lequel a demandé au gouvernement de suspendre le processus de sélection des délégations zonales de service public de l’eau, le temps d’organiser une évaluation exhaustive de la réforme. Selon le président de la Fédération, Adama Abdoulaye Ba dit Samba Cfa, «cette action positive en faveur des populations témoigne à juste titre que le Président a compris que la volonté générale exprimée par les populations doit toujours primer sur tout autre intérêt». Il a fait cette déclaration lors d’une conférence de presse organisée ce samedi à Ourossogui.
Autant la Fédération a suspendu sa marche régionale, autant elle demeure «ferme et engagée à s’opposer catégoriquement à la privatisation des forages» pour la plupart construits par les populations à travers les associations villageoises. «Et souvent, ce sont les mêmes associations, à travers leur comité de gestion, qui règlent les problèmes liés à des pannes qui aboutissent à une pénurie d’eau. Des moments pénibles que les populations traversent et durant lesquels l’Etat est souvent absent», dit la Fédération de Matam. Elle cite l’exemple du village de Boki Saboudou, dans la commune de Nabadji Civol, dont «le forage est en panne depuis plus d’un an». Informé de cette situation, l’Etat n’a toujours rien fait. Selon la Fédération des Asufor, «c’est un manque de considération, à la limité de l’irrespect que de penser une telle réforme sur les forages sans que les populations n’en soient demandeuses pour la bonne et simple raison que les forages sont souvent construits par les populations avec leurs vaillants émigrés qui ont sacrifié leur vie et leur énergie pour leurs parents restés au pays».
Il faut savoir que ce sont les populations qui mobilisent le financement nécessaire pour l’entretien, la maintenance et le dépannage de leur forage sans «appui financier de l’Etat», se désolent-ils. Adama Abdoulaye Ba explique : «Dans les initiatives de développement, certaines Asufor jouent un rôle important dans la préservation d’un environnement sain, en intégrant la collecte de déchets dans la facturation et/ou en finançant un fonds vert pour la campagne de reboisement entre autres actions. Et tout cela se fait avec un prix du m3 jamais égalé, soit 175 francs Cfa en moyenne.»
Même s’ils reconnaissent qu’il existe des forages qui ont des problèmes de gestion, les membres des Asufor s’inscrivent en faux contre le rapport qui fait état que seuls 20% d’entre eux «fonctionneraient normalement». Ils considèrent que ces chiffres alarmistes sont avancés pour mieux les abattre. Dans la même veine, la Fédération des Asufor de Matam s’est engagée à venir en aide aux forages en situation d’instabilité à travers des rencontres de partage d’expérience et un modèle de gestion fiable et viable.
d.dem@lequotidien.sn 

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