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Les accidents de la route avec des dizaines de morts sont devenus une fatalité au Sénégal. C’est comme si ces carnages sur nos routes arrivaient par la volonté divine. Quand ils se produisent, on indexe parfois l’indiscipline des chauffeurs, on s’indigne avant de finir par s’en remettre à Dieu. Même si des mesures sont prises pour les éviter ou les réduire, leur application fait défaut. C’est le constat qui est fait des 10 mesures prises par le gouvernement le 9 février 2017 pour réduire significativement le nombre d’accidents de la route. 9 mois après les interdits énumérés dans ces mesures sont toujours constatés dans la circulation routière.

C’est le carnage sur les routes au Sénégal. Pas seulement durant les événements religieux, Magal, Gamou ou pas, les accidents de la route tuent plus au Sénégal que n’importe quelle maladie. A chaque fois, les populations et les gouvernants s’émeuvent de ces catastrophes. Le gouvernement annonce des mesures, ces dernières sont-elles tout le temps appliquées ? C’est la grande question. Il y a 9 mois, le gouvernement pour montrer sa volonté de lutter contre l’insécurité routière avait à l’issue d’un conseil interministériel tenu le 9 février 2017, pris 10 mesures visant à « réduire significativement le nombre d’accidents de la route ». Celles-ci devaient être mises en œuvre sans délai. 9 mois après l’on se demande où en est-on avec l’application de ces mesures. La première concernait « l’immobilisation et la mise en fourrière de tout véhicule en circulation dont : le propriétaire n’a pas présenté son véhicule à la visite, sans motif valable, à l’expiration du délai de visite technique; l’état de vétusté est tel que la circulation du véhicule compromettrait gravement la sécurité des personnes ou des biens». Depuis la prise de cette décision certes des descentes ont été effectuées sur le terrain par les services du ministère des Transports terrestres et du désenclavement en mettant des véhicules ne répondant pas aux normes en fourrière. Mais ce nombre n’est rien comparé aux voitures (cars rapides, Ndiaga Ndiaye, bus Tata et autres) qui très vétustes continuent de faire du transport. Dans le document on précisait également que « les réparations à effectuer sur le véhicule seront constatées par l’expert chargé des visites de la zone géographique où l’infraction a été commise. Une mise en demeure d’effectuer les réparations dans un délai d’un mois, sous peine de retrait définitif dudit véhicule de la circulation, sera envoyée au propriétaire ». Ce n’est pas ce qui est constaté sur le terrain, il ne s’agit pas d’être expert pour voir les nombreux véhicules sur nos routes qui devaient être retirés de la circulation, mais qui comme si rien était servent de transport pour le déplacement des pauvres sénégalais. Une autre mesure prise c’était celle interdisant « formellement toute transformation de véhicule destiné au transport de marchandises (fourgons, fourgonnettes, camions, etc.) en véhicule de transports de passagers », de même que « les transformations des véhicules d’origine destinées à augmenter les places assises pour les passagers ou à créer des porte-bagages supplémentaires sont interdites ». Depuis la prise de décision à aujourd’hui, ces types de véhicules sont toujours légion sur nos routes. Quid d’une « tolérance zéro» qui devait être « appliquée contre les surcharges de personnes et de bagages pour l’ensemble des véhicules » ? Le constat est le même.
Dans cette panoplie de mesures, il y en avait aussi celles concernant «tous les véhicules motorisés à deux roues » qui devaient «se faire immatriculer gratuitement auprès des services compétents du ministère chargé des Transports terrestres pendant 06 mois, à partir du jeudi 16 mars 2017». Le ministère faisait savoir que « passé ce délai, aucun véhicule motorisé deux roues ne sera admis à circuler ». 9 mois après, on rencontre toujours des véhicules deux roues non immatriculés qui circulent sans être inquiétés. Dans cette même veine, le gouvernement avait décidé que « tout conducteur de véhicule à deux roues qui circule sur la voie publique, avec ou sans passager, sans porter un casque homologué verra son véhicule immédiatement immobilisé sans préjudices de l’amende forfaitaire prévue à son encontre par les dispositions réglementaires du Code de la route ». Il était aussi indiqué que « les dispositions du Code de la route relatives à l’usage du téléphone au volant, au port de la ceinture de sécurité, à l’excès de vitesse, au respect de la signalisation horizontale et verticale seront rigoureusement appliquées». Vu le nombre d’accidents avec de nombreux morts constatés depuis la prise de ces 10 mesures, on se demande si elles ont été appliquées. Après le Magal célébré le 8 novembre dernier avec 54 personnes tuées sur les routes, le directeur des Transports terrestres a sur les ondes de la Rfm parlé d’une loi sur la sécurité routière visant à sanctionner les auteurs comme solution pour réduire ces accidents. Il faut espérer que si cette loi est prise qu’elle ne soit pas comme ces 10 mesures dont on ne peut affirmer son application. Puisque tout ce qui est interdit à travers ces mesures est toujours constaté dans la circulation.
dkane@lequotidien.sn

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