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Le Conseil national de la maison des éleveurs du Sénégal (Cnmde) digère mal «la pression exercée sur le chef de l’Etat par des experts et autres organisations non étatiques» pour le parachèvement de la réforme foncière, pour un développement économique et social durable du pays. Face à la presse hier, son Président Ismaïla Sow, conseille au président Macky Sall de ne pas «céder à la pression». Rappelant la volonté du président de la République, dès son accession au pouvoir, de procéder à une réforme foncière matérialisée par la création par décret n° 2012-1419 du 6 décembre 2012 d’une Commission nationale de réforme foncière (Cnrf), Ismaïla Sow fera noter : «Le dernier mot revient au Président Macky Sall pour l’application des conclusions de cette réforme.» Il ajoute : «Nous saluons le travail des experts, qui sont d’ailleurs de très grands cadres, qui ont composé la Cnrf mais ils ne doivent pas mettre la pression, à travers les médias, sur le chef de l’Etat pour qu’il applique les conclusions de cette réforme. Ce n’est pas normal. Ils doivent laisser le président de la République réfléchir calmement pour voir ce qu’il peut faire pour une bonne application des conclusions de la Cnrf.»
M. Sow estime que «le foncier est une affaire très sérieuse et très importante au Sénégal et son bradage est pire que le vol de bétail». A ce titre, il renseigne : «Il y a trois catégories qui composent notre pays : ‘’L’habitation, l’agriculture et l’élevage.’’ Et chacune de ces trois catégories doit se retrouver dans cette réforme foncière.» A ce titre, Ismaïla Sow dénonce la non-implication des éleveurs par la Cnrf. «C’est pourquoi nous sommes inquiets parce que cette dite commission n’était composée que d’experts. Ce qui constitue un danger pour nous les éleveurs.» Pour ajouter, le président du Cnmde dira : «Nous voulons que le président de la République prenne ce dossier en main et qu’il implique tout le monde. Qu’il s’agisse des éleveurs, des agriculteurs, de la Société civile…parce que les experts, d’accord, ce sont des cadres, mais il ne faut pas oublier qu’il y a certaines réalités dans le monde rural qu’ils ne maitrisent pas.» Néanmoins, Ismaïla Sow est convaincu qu’il faut une réforme foncière parce que, explique-t-il, «la population sénégalaise était estimée en 1960 à 3 millions d’habitants, aujourd’hui nous sommes environ 15 millions de Sénégalais, donc c’est normal de faire une réforme foncière». Ce d’autant que «nous sommes dans un espace de moins de 200 mille Km2».
nfniang@lequotidien.sn

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