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L’entreprenariat et l’émancipation des femmes peuvent passer par la religion. C’est l’étude réalisée et présentée par Sadio Ba Gningue, enseignante-chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Ugb), lors du 70ème anniversaire de la coopération scientifique entre le Sénégal et l’Institut français de recherche de développement (Ird).

Le développement et l’émancipation des femmes via le canal de la religion. C’est tout à fait la démonstration faite par Sadio Ba Gningue, enseignante-chercheur en sociologie à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Ugb). Selon elle, «vu toutes les contraintes qui pèsent sur les femmes et notamment sur le travail au féminin, la question était aussi de voir comment la famille est-elle source de contrainte au travail féminin. On s’est dit pourquoi ne pas parler de la religion puisque c’est aussi une entrée qui, souvent, est présentée comme un obstacle à l’émancipation au travail des femmes». Et d’ajouter : «Partant de ce constat, on a commencé à penser quelles pourraient être les contraintes qui pèsent sur les femmes qui travaillent notamment sur l’informel et on a interrogé le rôle que la religion pourrait jouer pour ces femmes. Ce qui nous permet donc de dire qu’au-delà de ce discours qui les confine, elles pouvaient aller au-delà en s’appropriant le rôle qu’on leur dit qu’elles négocient bien mais de manière à pouvoir s’appuyer sur les ressources de la religion en termes de reconnaissance sociale, en termes de ressources parce que les communautés religieuses peuvent générer des ressources.» Mme Gningue faisait la présentation de sa recherche intitulée : Femme et entreprenariat : la religion comme ressource de développement et d’émancipation lors du 70ème anniversaire de la coopération scientifique entre le Sénégal et l’Institut français de développement de recherche (Ird). Pour cela, elle a mis en place dans sa recherche, des études pour démontrer «cette réalité» qu’est l’accès à l’entreprenariat et l’émancipation des femmes à travers la religion. Elle dit se baser sur une répartition des confessions «pour voir si les comportements sont les mêmes selon que l’on soit catholique, musulman ou protestant. Ce qu’on voit de manière très ramassée c’est que la religion est avant tout une source de légitimation et au-delà on s’inscrit dans un échange de service qui permet de dire oui qu’est-ce je peux tirer de ma participation à la vie religieuse, aux évènements religieux. Je parraine des activités religieuses, je m’implique par des conférences mais en contrepartie, les femmes savent utiliser les ressources qui émanent de ces sphères-là c’est-à-dire elles vont saluer la sympathie de ces chefs religieux pour les musulmanes par exemple ou bien donner des «haddiya», faire des cadeaux». Au vu de tous ces paramètres, Sadio Ba Gningue souligne les limites de cette recherche de légitimation auprès des chefs religieux car, estime-t-elle, ces femmes, «une fois qu’elles accèdent au sommet, y a un plafond de verre. Ce plafond de verre signifie que la religion était un appui pour monter mais une fois au sommet, y a plus rien derrière parce que le rapport aux religieux restent symbolique et dans ce rapport symbolique resteront que des prières qu’elles peuvent avoir. C’est-à-dire qu’elles ont besoin d’accéder à des financements beaucoup plus importants et là les contraintes de l’économie de marché leur tombent dessus». En termes de perspectives, Mme Gningue nourrit la réflexion sur «comment faire pour que ces femmes une fois qu’elles accèdent aux financements, puissent carrément entrer dans l’économie de marché». «Est-ce qu’il faut des politiques publiques fortes, faut-il des fondations pour que l’entreprenariat féminin soit source de développement ?», s’interroge-t-elle.

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