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Les populations ziguinchoroises ont-elles des soucis à se faire pour la fête de la Tabaski ? En tout cas, à moins d’une semaine de l’Aïd-el-kébir, les besoins en moutons pour la région sont encore loin d’être atteints. Une situation qui préoccupe le chef de Service régional de l’élevage qui a tiré la sonnette d’alarme.

Va-t-on vers une possible pénurie de moutons à Ziguin­chor ? C’est l’inquiétude qui prend place à la vue du foirail Pitilimina de Ziguinchor qui est le lieu de convergence des promoteurs et acheteurs de moutons de la région. Et un cadre où l’offre est encore loin de satisfaire la demande. «Nous n’avons pas encore atteint les besoins en moutons, car ceux-ci sont évalués à 23 mille sujets alors qu’actuellement nous tournons autour de la moitié, presqu’à 40%», a d’ailleurs informé le chef du Service régional de l’élevage. C’est dire que, pour le docteur Evariste Jean Christophe Bassène, les besoins en approvisionnement sont quand même importants et qu’une centaine de camions sont espérés dans quelques jours pour couvrir la demande totale. M. Bassène estime que Ziguinchor est une destination privilégiée et intéressante pour les promoteurs. Et pour cause ? «Ici, on n’a pas connu la sécheresse comme au nord. Il y a suffisamment de pluies, un pâturage assez conséquent et de bonne qualité. Les éleveurs pourront économiser en termes d’achat d’aliments de bétail, car le fourrage est présent», assure-t-il.
Dr Bassène se veut toutefois relativement optimiste par rapport à un bon approvisionnement en moutons. «Nous y travaillons et lançons un appel pour que les promoteurs viennent en Casamance, car c’est une région où il y a la sécurité par rapport au vol de bétail, et où les moutons peuvent se vendre à des prix intéressants», a-t-il soutenu. Il estime que les populations ziguinchoroises doivent pouvoir fêter la Tabaski dans de bonnes conditions et au même titre que celles des autres contrées du pays. Toutefois, ce doute du chef de Service régional de l’élevage tranche nettement d’avec l’optimisme affiché par le président régional de la Maison des éleveurs de Ziguinchor. Pour Moussa Arona Sow, il y a de quoi être rassuré aujourd’hui, car la situation est plus que favorable. «Au 15 août, le rythme d’arrivée du bétail est satisfaisant. Les remorques débarquent à gauche et à droite. 44 remorques avec à bord 150 moutons chacune sont déjà arrivées au foirail, et 15 autres à la commune de Bignona», a-t-il déclaré à la presse.
Moussa Arona Sow espère que d’ici le début du week-end d’autres camions venant de Matam, Tambacounda, Kidira, Linguère, Dara Djolof, Kahone, Sinthiou Malem, etc. vont également débarquer à Ziguinchor. Une manière pour lui de soutenir qu’il n’y aura point de pénurie de moutons à Ziguinchor. Des moutons dont les prix varient, estime-t-il, de 40 mille à 200 mille F Cfa. Cependant, le président de la Maison des éleveurs a déploré quelques difficultés au niveau du foirail et qui ont trait d’abord à l’alimentation du bétail qui coûte, selon lui, 6 000 F Cfa pour la paille et 11 mille 500 F Cfa pour l’aliment de bétail. «L’électricité également fait défaut au niveau du foirail, car l’éclairage n’est pas bien fourni et certains secteurs sont gagné par l’obscurité», a indiqué Moussa Sow qui a, en outre, plaidé pour le renforcement de la sécurité. Cette situation à l’approche de la Tabaski, certains la voient, malgré tout, très cahoteuse. C’est le cas de Cheikh Diop, habitant le quartier Kandé et pour qui nombre de fidèles musulmans n’ont plus l’esprit tranquille du fait des prix exorbitants des moutons. «Pour le Sénégalais moyen, qui dispose de petits revenus, il est aujourd’hui difficile de trouver un mouton, car cela varie de 100 mille à 350 mille pour des moutons qui ne valent pas la peine, car ne pesant même pas 20 kilos. Mais j’ose espérer que les prix vont baisser d’ici le jour j», lance-t-il. «Les moutons commencent à arriver en abondance, mais les prix sont hors de portée des Ziguinchorois. Cela pose problème», a renchéri un enseignant rencontré sur les lieux. Et qui demande à l’Etat de prendre ses responsabilités pour exiger la vérité des prix, afin d’aider les familles démunies qui vivent des temps difficiles à passer la Tabaski dans la dignité.
imane@lequotidien.sn

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