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La Délégation à l’entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes (Der/Fj) a pris la responsabilité de voler au secours des producteurs de riz des régions de Sédhiou, Ziguinchor, Tambacounda, Kédougou et Kolda, zone d’intervention de la Sodagri. Elle propose un financement de 3,5 milliards de francs Cfa pour les soutenir, parce que l’agriculture sous pluie peine à convaincre les structures classiques de financement du fait des risques qu’elle comporte.

Les contraintes financières liées à la production de riz pluvial dans les régions d’intervention de la Société de développement agricole et industriel du Sénégal (Sodagri) sont en train d’être soulagées par la Délégation à l’entreprenariat rapide des femmes et des jeunes (Der/Fj). Papa Amadou Sarr, délégué général, et son équipe n’ont pas attendu que les riziculteurs sous pluie des régions de Kédougou, Kolda, Sédhiou, Tambacounda et Ziguinchor fournissent des dossiers bancables pour leur proposer ses services. Vendredi passé, le directeur général de la Sodagri, Alpha Bocar Baldé, avait accompagné Mme Yaye Touty Diallo Diop, chargée des Programmes agriculture/élevage à la Der/Fj, pour sensibiliser les producteurs sur les propositions de financement qu’elle met à leur disposition. Le Dg de la Sodagri a déclaré : «Nous avons réuni à cette rencontre les directions régionales de développement agricole des zones d’intervention de la Sodagri, les partenaires financiers comme le Cms, l’agro-business comme la Sedap et les producteurs pour sensibiliser les producteurs sur la volonté de la Der d’accompagner la production pluviale de riz. Cela, pour suppléer la réticence des banques classiques de financer cette agriculture du fait des risques qu’elle comporte.»
Mme Yaye Touty Diallo Diop, chargée des Programmes agriculture/élevage à la Der, a levé un coin du voile sur l’enveloppe et la chaîne des valeurs à appuyer. Elle a informé : «La Der se propose de libérer un financement de 3,5 milliards de francs Cfa pour les producteurs des 5 régions d’intervention de la Sodagri. Le crédit va concerner toute la chaîne des valeurs, de la production à la commercialisation.» Se faisant plus précise, elle ajoute : «Nous allons soutenir toutes les activités de production, d’équipement, de transformation et de commercialisation pour 12 mille ha d’emblavures pour la production du riz paddy et 110 ha pour la production de semences certifiées.» En ce sens, la zone va bénéficier de 5 mini-rizeries, 10 motoculteurs, 10 moissonneuses-batteuses, 10 tracteurs et de camions pour l’évacuation des productions.

Les femmes au cœur
Les femmes étaient majoritairement venues à cette rencontre avec les autorités techniques de la Sodagri, de la Der et des partenaires financiers. La raison, elles sont les principales bénéficiaires de ces financements, parce qu’elles sont les principales rizicultrices dans les vallées, selon M. Baldé. Quid de l’accès à la terre ? «Pour ce qui concerne les terres aménagées, nous avons reçu la recommandation de leur allouer 30%. Ce sera la même proportion pour l’allocation du matériel agricole.» Le maire de Médina Chérif, Mamadou Gano, qui gère une bonne partie des terres aménagées, a pris des engagements en ce sens. Il a dit : «Nous sommes prêts à octroyer aux femmes les surfaces nécessaires pour réaliser leurs projets. Je suis prêt à leur octroyer 50 ha uniquement pour le volet maraîchage. Sans compter les nombreux hectares pour la production de riz. Nous demandons à l’Etat d’augmenter les surfaces aménagées. Nous en sommes à 5 000 ha alors qu’il y a un potentiel de 10 mille ha.»

Déficit plu­viométrique
La situation pluviométrique du département de Vélingara était normale jusqu’à la fin du mois de juillet. Le mois d’août a manqué de pluies utiles jusqu’à la deuxième semaine, pour la plupart des postes. Une longue pause qui a freiné l’évolution des cultures et la poursuite des semis. Aussi, selon le responsable du périmètre aménagé de l’Anambé, Mahmoud Ndiaye, «le bassin a réalisé 75% de levées. La pause pluviométrique a freiné certaines». Les producteurs ont encore entre les doigts des semences à mettre sous terre. Vont-ils avoir le courage de le faire, si l’on sait que le cycle hivernal est devenu de moins en moins long ?
Selon M. Ndiaye, il y a 4 000 ha exploitables sur les 5 000 ha de surfaces aménagées. Les emblavures ont couvert 3 539 ha, dont 3 075 sont effectivement attribuées, soit 75%. Sur cette surface, 160 ha sont occupés par des spéculations telles que le maïs, l’arachide, le coton.
akamara@lequotidien.sn

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