PARTAGER

La mode en Afrique de l’Ouest est, dans le cadre de l’atténuation des effets du Covid-19 sur le plan économique et social, d’appuyer les ménages les plus pauvres et même les classes moyennes. Les gouvernements ivoirien et sénégalais ont suivi des démarches similaires, mais divergentes sur certains points importants.

Le Sénégal et la Côte d’Ivoire, les deux grandes puissances de l’espace Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), jouent un autre jeu dans la lutte économique contre le coronavirus. Ainsi, quand le gouvernement du Sénégal, dans le cadre de la Force Covid-19, a ciblé un million de ménages auxquels offrir des denrées alimentaires pour leur permettre d’atténuer les contrecoups de la pandémie sur les couches les plus démunies de la population, la Côte d’Ivoire a pris l’option de transférer de l’argent à ses populations en détresse.
Le gouvernement de Alassane Ouattara a ciblé 177 mille ménages parmi les plus pauvres du pays, auxquels seront transférés par money électronique le montant de 75 mille francs Cfa sur trois mois. A raison donc de 25 mille francs par mois. L’Etat a débloqué environ 13 milliards de francs Cfa pour cela.
Cet argent, délivré dans le cadre du Fonds spécial de solidarité et d’urgence communautaire Covid-19, sera, selon les promoteurs de l’idée, remis ainsi «sans intermédiaire et ne risque pas d’être détourné». Le destinataire le recevra directement sur son téléphone. Le porte-parole du gouvernement ivoirien, M. Sidi Tiémoko, s’est permis une comparaison pour dire que les 25 mille francs mensuels remis aux populations ciblées par son gouvernement sont bien plus importants que ce que les dirigeants du Sénégal et du Togo, par exemple, ont consenti à faire pour leurs populations.
Cette estimation n’est pour autant pas partagée par les autorités sénégalaises. Au ministère du Développement communautaire, de l’équité sociale et territoriale, on fait remarquer que le montant destiné à l’appui aux populations démunies est bien plus conséquent au Sénégal qu’en Côte d’Ivoire. «D’abord, nous visons 1 million de ménages. Ce qui représente une moyenne de 8 millions de personnes. Cela est bien plus important que 177 mille ménages», pour un montant général de 65 milliards de francs, soulignent certains collaborateurs du ministre Mansour Faye.
Ensuite, ces fonctionnaires indiquent que si l’on veut convertir les produits à remettre aux populations en termes d’argent, il faudrait noter 2 sacs de riz de 50 kg chacun, 10 litres d’huile, 4 cartons de savon de 18 briques environ, 10 kg de pâtes alimentaires, ainsi que 5 kg de sucre, cela fait une moyenne de 67 mille francs Cfa environ, d’un seul coup. Et par ailleurs, fait remarquer un responsable de famille, «quand on veut aider un ménage, les dons en denrées sont plus efficaces que de l’argent liquide. On peut être sûr que la famille bénéficiera de produits alimentaires, alors que de l’argent en espèces pourrait toujours être détourné à d’autres fins».
L’autre élément déterminant en cette période de mesures barrières est la peur de la contamination. Abidjan comme Dakar, dans leurs approches, assurent avoir fait une priorité de cette donne. Les Ivoiriens déclarent que l’avantage des transferts d’argent est d’éviter que les gens s’agglutinent autour des dépôts de retrait des vivres et ne se bousculent pas pour retirer leur argent. Ce à quoi à Dakar on fait valoir une expérience de 3 ans environ dans la gestion des bourses familiales. «On avait commencé par distribuer de l’argent pas Orange money, mais on a constaté que le mécanisme est trop lourd, parce que les opérateurs de téléphonie n’ont pas l’expérience de ce mécanisme de transfert d’argent. Et dans les zones rurales, les gens prennent littéralement d’assaut les guichets des compagnies qui distribuent l’argent, et donc ne respectent jamais la distanciation sociale…»
Pour ces gens au contraire, avec le travail fait en amont, les vivres pourront être remis aux populations quasiment devant la porte de la maison de chaque famille, sans créer des attroupements.
Le Quotidien avait indiqué dans son édition no 5145 du jeudi 16 avril que les Partenaires techniques et financiers, notamment la Banque mondiale, n’étaient pas favorables au système de distribution des denrées alimentaires, auquel ils préféraient la distribution d’argent. Un montant de 20 millions de dollars américains était même proposé au gouvernement du Sénégal pour mettre cela en œuvre. Mais à ce jour, l’Etat du Sénégal y a opposé un niet catégorique. La Côte d’Ivoire et le Togo n’ont pas eu les mêmes réticences pour franchir le pas. Mais il faut dire que le Sénégal a une plus grande expérience, surtout grâce au programme des bourses familiales, dont on sait qu’il bénéficie déjà à 300 mille familles, ce qui est bien plus important que les 177 mille familles de Côte d’Ivoire.
Il faut croire que le coronavirus, venu de Wuhan, en Chine, surmonte toutes les barrières, parce que le gouvernement ivoirien n’écarte pas d’ajouter à son programme de distribution d’argent un autre de remise de denrées alimentaires. Comme quoi, on ne finit pas d’apprendre tous les jours. D’ailleurs, les deux pays ont déjà pris des mesures similaires quant à la subvention de l’eau et de l’électricité pour certaines couches de la population.

1 COMMENTAIRE

  1. Le système ivoirien est beaucoup plus efficace et transparent pour les populations concernées, les millions de bénéficiaires déclarés n est qu un mensonge grossier de même que les quantités distribuées d allieurs a compte goutte,ya de ces lieux ou on ne parvient pas a la distribution parceque les quantités mises a disposition ne couvrent même pas le tiers des ayant-droits, tout est politique et moins d enrichir illicitement certains de leur entourage

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here