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Chose assez rare pour être soulignée : Après plus de 30 ans de carrière et des tournées un peu partout dans le monde, le Camerounais Sango vient de sortir son premier album solo. Une situation qui risque de confirmer Canabasse dans sa logique de ne pas sortir de tube en 10 ans de carrière.

Les gens qui reprochent au rappeur Canabasse de ne pas sortir d’album en 10 ans de carrière ne connaissent certainement pas Sango. «On fait des albums pour diffuser notre musique autrement, mais en réalité on peut vivre sans.» C’est la ferme conviction du sexagénaire Camerounais qui vient de sortir son premier album solo après plus de 3 décennies passées à travailler avec les plus grand musiciens de ce monde tels que Lenin Cravits, Busta Rythms, Quincy Jones, entre autres. Batiste et guitariste  confirmé, le vieux Sango offre dans Eyala (Parole) une synthèse de ces collaborations sur des influences afro, soul, pop, rythm and blues. «J’ai écouté beaucoup de choses dans ma vie. Je suis né et j’ai grandi au Cameroun. Eyala est la synthèse de tout ce que j’ai accumulé», explique-t-il. Pour l’heure, il doit «toucher le monde anglophone. J’ai­merais qu’on entende la langue douala qu’on appelle Elolé un peu partout dans le monde. Le douala est une vibration qui m’intéresse beaucoup et que je défends». A la question de savoir pourquoi attendre aussi longtemps pour sortir son premier disque, Sango ne boute pas son plaisir. «A un moment donné, on ne réfléchit pas. On est passionné, on ne voit pas une carrière. Quand on est habité par la musique, on n’a pas trop le choix, on y va tout simplement. C’est ce que j’aime dans la musique : il n’y a pas de frontière, ni de langue. C’est juste des vibrations. Quand on a un feeling avec quelqu’un, on s’en fout de la hauteur, du pays ou de la langue.» A part le fait de vouloir exporter sa langue natale, Sango évoque dans cet album des thèmes qui ont un lien avec l’Afrique, à savoir la liberté, l’entraide, la vie, la parole, l’âme, l’amour etc.
Originaire de Douala, Sango est le fils de Bébé Ruth Béatrice et de Rudolf James Moukoko, créateur du premier Festival africain de musique à Yaoundé, qui réunissait sur scène en 1972 quelques-uns des plus grands noms de la musique africaine : Fela, Manu Diban­go, André-marie Tala, Ekam­biBriant, Prince Niko Mbarga, Francis Bébé… Riche de ces influences familiales et musicales, Sango arrive en France en 1986. Bassiste confirmé, il intègre rapidement le groupe de funk-rock Vol de Nuit. Fin 80, début 90, le jeune artiste part pour une tournée nationale avec le groupe Tessito. Quelque temps plus tard, il enchaînera en tant que percussionniste et choriste avec EkambiBriant puis, revenant à la basse, il sillonnera de nouveau la France avec le groupe Sita Lanta. En 1996, Sango forme son propre groupe éponyme et s’attelle à des compositions personnelles. Il se lance alors dans la chanson et choisit la guitare comme instrument de prédilection. Dans le même temps, il multiplie les collaborations artistiques avec Noël Ekouabi, Ophélie et Michaël Winter, Nathalie Cardone, Les Nubians, Raul Paz, Princess Erika, David Charvet ou Ayo… Son succès auprès du public ne se dément pas. Il se produit depuis l’automne en première partie d’artistes tels que Patrice ou Ayo sur les scènes du Zénith, du Divan du Monde ou de l’Olympia. Entre studio et live.

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