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Les autorités judiciaires ont renvoyé l’ex-Président tchadien en prison à la fin des 60 jours de liberté dont il avait bénéficié grâce au Covid-19. Cette décision surprend la famille de Hissein Habré alors que la maladie est en pleine explosion.

L’ex-Président tchadien est retourné dans sa cellule de la prison du Cap Manuel. Après 3 mois passés dans sa résidence à Ouakam pour le mettre à l’abri d’une éventuelle contamination au coronavirus, il n’a pas bénéficié d’un délai supplémentaire, du moins pour l’heure. Il est vrai que le Sénégal a procédé à l’assouplissement des restrictions, mais la maladie est en pleine explosion. Cette décision nourrit des craintes chez la famille du détenu qui s’inquiète de ses répercussions sur sa santé. «Ce qui nous a étonnés et choqués, c’est que tout le monde a entendu dire que le coronavirus étant là, il représentait un danger pour le Président Hissein Habré qui est malade. Alors que le Sénégal est au pic de la pandémie, on veut qu’il retourne en prison. Ce qui va mettre sa vie en danger», s’inquiète l’épouse de l’ancien président de la République du Tchad, Fatima Raymonde Habré. Cette dernière est d’avis que cette décision de faire retourner son époux en prison est juste «politique». En plus, elle souhaite une expertise médicale pour Hissein Habré.
Hier, Fatima Raymonde Habré a confirmé chez nos confrères d’Emedia.sn le retour imminent de son mari en prison. «C’est tout à fait vrai. La permission de sortie de 60 jours a pris fin ce samedi. Il y a quelques jours, une démarche de renouvellement de cette permission a été initiée par nos avocats auprès du juge d’application des peines. Et ce dernier nous a répondu ce vendredi. Il a rejeté la demande en posant deux conditions», a-t-elle expliqué. «Premièrement, il a dit qu’il faut que le Président Hissein Habré réintègre la prison avant de demander un renouvellement d’une autre permission. Deuxièmement, il ne pourrait la faire qu’après un mois en prison. Autrement dit, il faudrait attendre le 6 juillet pour refaire une demande», ajoute Mme Habré. Elle botte en touche les arguments avancés par le juge de l’application des peines pour justifier le renvoi de Habré en prison. Cette décision du juge d’application, dit-elle, n’a aucune base juridique légale, car le décret qui régit les sorties, fulmine Mme Habré, ne fait en aucun cas obligation d’une réintégration avant de demander une nouvelle permission. «Cela ne figure pas dans les textes», persiste l’ancienne Première dame.
Le 26 mars dernier, l’avocat du détenu Hissein Habré, Me Ibrahima Diawara, avait introduit une requête pour demander «une permission de sortir» du fait des risques de contamination encourus en détention par son client. Le document dont Le Quotidien avait obtenu copie, délivré par le juge de l’application des peines, poursuivait en indiquant que «le détenu Hissein Habré devra jouir de sa permission de sortir dans sa résidence de Ouakam à Dakar». Le juge de l’application des peines de préciser qu’«à l’expiration de la permission de sortir, le détenu Hissein Habré réintégrera l’établissement pénitentiaire du Cap Manuel, immédiatement».
Chargée de l’exécution «de cette décision dont notification sera faite au détenu Hissein Habré», l’Administration pénitentiaire avait bien précisé qu’«il ne s’agit pas d’une libération, mais d’une sortie sous escorte pénitentiaire». Et les victimes tchadiennes s’étaient opposées à une libération de Habré.
L’ex-Président tchadien, Hissein Habré, avait fait l’objet d’une condamnation à perpétuité le 27 avril 2017 à Dakar par la Chambre africaine extraordinaire d’appel pour «crime contre l’humanité, viol, esclavage forcé, homicide volontaire, pratique massive et systématique d’exécutions sommaires, d’enlèvement de personnes suivi de leur disparition, de tortures et d’actes inhumains, de torture et de crime de guerre». Il doit allouer aux victimes la somme de 53 milliards de F Cfa à payer jusqu’à 20 millions de francs Cfa par victime.

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