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Si Macky Sall était allé au second tour à l’issue de la Présidentielle du 24 février, ce 25 mars ne l’aurait pas trouvé au Palais. Cette date historique de 2012 avait scellé le sort de son prédécesseur, candidat à un troisième mandat. Macky Sall met à terre donc Abdoulaye Wade après 12 ans au pouvoir. Arrivé au premier tour avec 26% sous la bannière de Macky2012, contre toute attente d’ailleurs, il obtient le ralliement des 12 autres candidats malheureux de l’opposition. C’est le scénario rêvé de l’opposition de 2019. Mais il n’y a pas eu un second tour qui lui aurait été fatal sans doute. Ainsi le président de l’Apr a su, avec ingéniosité, manager une coalition Benno bokk yaakaar (Bby) donnée pourtant pour morte dès les élections locales de 2014. Si elle n’a pas succombé aux blessures nées du départ du leader de Rewmi, c’est en grande partie grâce à la «fidélité» et, certainement au réalisme du Parti socialiste et de l’Alliance des forces de progrès. C’est aussi un 25 mars 2013 que Idrissa Seck avait fait le premier pas vers le divorce avec le Président Sall avec sa petite phrase «Deukk bi dokhoul (le pays va mal)» sur les supports du Groupe futurs medias (Gfm) et qui auront occupé les débats pendant des mois. Seulement, il part sans «ses» ministres Oumar Guèye et Pape Diouf qui ont préféré rester dans le gouvernement. Et certains de «ses» députés qui se sont confortablement assis sur leurs sièges de Bby, empêchant leader de Rewmi de composer quelque groupe parlementaire que ce soit.

Les Locales, le premier test
Mais Bby doit également sa survie aux fissures qui ont frappé les deux grands alliés, le Ps et l’Afp qui, pour la première fois, ne présenteront pas de candidat à une élection présidentielle. Tanor et Niasse ont donc réussi à étouffer les ambitions, respectivement de Khalifa Sall et de Malick Gakou. 25 mars 2019, c’est à moins de dix jours de la prestation de serment du même Macky Sall. Mais cette fois-ci, Benno bokk yaakaar fera-t-elle un mandat de cinq ans dans cette unité ? L’Apr et ses alliés vont-ils continuer, après avoir «gagné ensemble», à «gouverner ensemble» ? Les débuts de réponse commencent déjà avec les premières sorties post-Présidentielle. Quand les progressistes rappellent qu’ils vont avoir un candidat en 2024, c’est n’est point la déclaration qui fera éclater la coalition, mais le prétexte et le contexte de celle-ci. Quand les Socialistes se préparent pour les Locales et songent à un retour des exclus, c’est peut-être dans l’ordre de l’impossible, mais le message est clair. Dans tous les cas, tout ne dépendra pas de Macky Sall qui fait son dernier mandat, même s’il distribue encore les postes. Tout se jouera plutôt dans les impressions qu’il dégagera dans le schéma de succession au sein de son parti. Mais difficile d’imaginer qu’il choisisse parmi ses alliés. Tout sera plus clair, d’ici le 25 mars 2020, ou avant. Les Locales seront le premier test de consolidation ou de dislocation de Bby.
hamath@lequotidien.sn

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