PARTAGER

Mariée et mère de trois enfants, Fatou Keïta avait une relation extraconjugale. Seulement, la dame a contracté une grossesse au terme de laquelle elle s’est débarrassée de son enfant sans aucune trace. C’est ce qui a valu sa comparution hier devant la Chambre criminelle de Dakar pour infanticide. L’accusée, qui a déjà purgé 7 ans de détention préventive, va humer l’air de la liberté. En plus du réquisitoire du Parquet qui a demandé son acquittement, elle a obtenu la liberté provisoire en attendant d’être fixée sur son sort le 4 juillet prochain.

Mariée à un Gambien, Fatou Keïta, mère de 3 enfants, n’a pas pu supporter la longue absence de son époux. Elle filait un amour interdit avec Omar Diatta, l’auteur de sa grossesse. Mais pour des raisons inavouées, elle a commis un infanticide. Les faits ont eu lieu en avril 2011. Au terme de sa grossesse résultant de cette relation adultérine, elle a volontairement avorté. Raison pour laquelle elle a été attraite hier à la Chambre criminelle de Dakar pour infanticide.
En fait, il ressort des débats d’audience que l’alerte est venue de la sage-femme qui consultait Fatou Keïta à l’hôpital Dominique. Après constat, le certificat médical, délivré par l’homme de l’art, mentionnait que le placenta de la dame montre qu’elle a eu un enfant à terme. Elle a informé la police et une enquête a été ouverte. Les sapeurs-pompiers ont fait une descente chez elle. Après une fouille, ils n’ont rien trouvé. Ce qui paraît bizarre, en ce sens que les constats des médecins attestent bien que la dame Keïta a accouché d’un enfant à cause de la présence du placenta. Arrêtée, la prévenue a nié les faits à elle reprochés. A l’enquête préliminaire, la mise en cause déclare avoir senti des douleurs atroces. «Ma mère est au courant de ma grossesse. Mon copain, Oumar Diatta a accepté la paternité de l’enfant. J’ai eu à trois reprises des relations sexuelles avec lui non protégées. A mon deuxième mois de grossesse, j’ai expulsé des caillots de sang», disait-elle aux enquêteurs.
A la barre, l’accusée est revenue sur les faits. «J’ai 30 ans. On m’a mariée à l’âge de 12 ans à un homme que je n’aimais pas. Je suis venue à Dakar à la suite du décès de mon père. Depuis lors, je n’ai pas entendu mon mari. Sachez que je n’ai tué personne», clame-t-elle à voix haute. Selon elle, c’est du sang qui est sorti entre ses parties intimes et non un enfant. «Si je l’avais fait, je ne partirais pas à l’hôpital. J’étais enceinte de deux mois. Je reconnais que seul mon copain était au courant de ma grossesse. J’avais honte, raison pour laquelle je n’ai pipé mot. Le témoin, Aïssatou Ndiaye, qui est la sage-femme consultante et qui a examiné l’accusée, déclare que l’enfant était bien à terme. A deux mois d’avortement, on ne peut établir la naissance d’un placenta», informe la sage-femme.
Le Parquet général estime que les faits ne soufrent d’aucun doute, car les déclarations tenues par l’accusée sont fausses. «Fatou Keïta a soutenu mordicus qu’elle a sorti des callots de sang. Elle n’a jamais coopéré, car elle est assez intelligente. Il y a des certitudes dans ce dossier ; c’est qu’elle a accouché. Le début placentaire été retrouvé dans son utérus. Cela est justifié par la science qui est exacte», note le représentant du ministère public. Selon lui, le délit de meurtre ne peut être approuvé du fait qu’on n’a pas découvert un cadavre. Sous le bénéfice de ces observations, il  a requis l’acquittement. Les avocats de la défense ont suivi le réquisitoire du Parquet en plaidant la relaxe pure et simple avant de solliciter une liberté provisoire qui a été accordée à leur cliente.
justin@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here