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Le meurtre de Khadim Ndiaye porte la signature du petit ami de sa nièce. En fait, c’est pour une histoire de 1 000 francs que l’accusé a confisqué les mèches de sa petite amie. Mais les choses ont mal tourné quand les parents de la jeune fille sont venus aux nouvelles pour tirer cette affaire au clair. A la suite d’une altercation, Nanguène Diop a administré à Khadim Ndiaye un coup de couteau, qui lui a été fatal. Jugé pour meurtre, il risque 20 ans de travaux forcés. La Chambre criminelle de Dakar rendra sa décision le 4 juillet.

Nanguène Niang Diop pourrait encore rester en prison pour de longues années. Poursuivi pour meurtre, il n’a pas échappé à la colère du Parquet, qui a estimé que les faits sont établis à son encontre. Ainsi, il a requis 20 ans de travaux forcés. Selon le représentant du ministère public, l’accusé a réduit au  silence à jamais Khadim Ndiaye. Tout est parti de l’idylle qu’entretenaient Nanguène Niang Diop et Fama Ndiaye, qui se  trouve être la nièce de la victime. Le jour des faits, l’accusé avait croisé la jeune fille sur son chemin.  Il lui a demandé de lui payer la somme de 1 000 francs qu’elle lui devait. Pour cette modique somme que sa petite amie n’était pas en mesure de lui restituer, Nanguène Diop a confisqué les deux paquets de mèches que la jeune fille avait par devers elle. Informée, la mère de la jeune fille s’est rendue au domicile de l’accusé pour demander à ses parents de dire à leur fils d’arrêter ce qu’il fait endurer à la fille et qu’elle n’est pas aussi d’accord  avec leur relation. La bonne dame a été suivie par la victime Khadim Ndiaye et son frère Cheikh Ndiaye. Ces garçons n’étaient pas rentrés dans la maison. Mais, quand Nanguène Diop est sorti pour s’expliquer avec eux, c’est Cheikh Ndiaye qui a ouvert les hostilités en lui administrant un coup de poing. Alors que Khadim Ndiaye essayait de les séparer, Nanguène Diop lui a porté un coup de couteau. Le certificat de genre de mort délivré par le médecin-légiste atteste une plaie à la base d’un coup de couteau sectionnant la clavicule  de la victime. A l’enquête, l’accusé a déclaré devant les limiers qu’il n’avait pas l’intention de  donner la mort à l’oncle de sa petite amie. Il prétend qu’il n’a jamais asséné un coup de couteau à Khadim Ndiaye. Des déclarations qu’il a réitérées hier devant la barre de la Chambre criminelle. Selon lui, il a brandi une barre de fer et la victime lui est tombée dessus. De l’avis du maître des poursuites, «la stratégie de défense  adoptée par l’accusé n’est pas la bonne». «La violence du coup, qui a sectionné la veine jubilaire, atteste qu’il avait l’intention de donner la mort», a ajouté le Parquet.
Entendu dans le cadre de l’enquête, son propre père a confié qu’il ne cessait de recevoir des complaintes  des personnes sur son fils. Il l’a dépeint comme une personne violente, a rappelé le représentant du ministère public selon qui, il est dangereux et il faut le mettre hors d’état de nuire. Pour sa défense, l’accusé a plaidé coupable en tentant de diluer sa responsabilité. «Ce jour-là, j’étais sorti. A mon retour, j’ai croisé Fama Ndiaye. Je lui ai réclamé l’argent qu’elle me devait. Elle m’a dit qu’elle ne pouvait pas me payer. C’est ainsi que j’ai récupéré les 2 paquets de mèches qu’elle détenait. Sa maman est venue chez nous. Elle m’a demandé de remettre les mèches à sa fille et de la laisser tranquille. Quand je voulais sortir de la maison, Cheikh Ndiaye m’a donné un coup de poing. Lui et Khadim se sont rués vers moi. J’ai pris une barre de fer qui se trouvait dans le pot de fleurs que j’ai brandie pour me défendre. Et c’est ainsi que Khadim est tombé», a-t-il expliqué.

25 millions réclamés par la partie civile
L’avocat de la partie civile n’est pas en phase avec ses déclarations. Selon Me Domingo Dieng, Nanguène Diop a nié  même l’existence du couteau. En tout état de cause, la robe noire trouve que rien ne justifie que pour une affaire de mèches, on assène un couteau à une personne. En guise de réparation, l’avocat a réclamé la somme de 25 millions de francs. Du côté de la défense, les avocats estiment que c’est une histoire d’amour cachée, qui a mal tourné. A en croire  Me Gaye, les parents de Fama Ndiaye n’ont jamais voulu de cette idylle. La famille, dit-elle, nourrit une haine à Nanguène Diop. A son avis, il mérite la clémence de la chambre. Il a plaidé la disqualification des faits en coups et blessures volontaires  ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner et lui faire une application bienveillante de la loi. La décision sera rendue le 4 juillet prochain.
justin@lequotidien.sn

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