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Il faudra du temps pour savoir ce qu’il adviendra de l’ex-homme fort de Banjul. Yahya Jammeh, battu à la régulière par les urnes par Adama Barrow, a un avenir plein d’incertitudes. Avoir dirigé son pays d’une main de fer, avec à la toile des crimes de sang, n’a fait qu’exposer l’enfant de Kanilai à d’éventuelles poursuites devant la Cour pénale internationale (Cpi). La soif de vengeance ne va pas manquer d’animer les victimes ou familles de victimes.

Yahya Jammeh s’en va. Les Gambiens poussent un ouf de soulagement. Nouvel air sur l’espace politique gambien. Mais aussi nouvelle ère pour un pays dont les fils ont trop souffert de la terreur de Banjul. Une page se tourne en Gambie, mais une nouvelle aussi s’ouvre pleine d’incertitudes et de questionnements pour l’homme du putsch du 22 juillet 1994 contre le Président Dawda Diawara.
Dans sa première déclaration, le Président sortant annonce qu’il va retourner à la terre. A l’agriculture dans son village de Kanilai. N’est-ce pas une meilleure manière de semer les Gambiens et son monde afin d’échapper à d’éventuelles poursuites et quitter son pays pour trouver refuge sous des cieux plus cléments ? En tout cas, les réalités d’aujourd’hui sont très têtues. Dans un village planétaire comme le monde d’aujourd’hui, nul ne peut échapper à la Justice. A la Justice internationale, tout court. Puisque des poursuites venant de la Cour pénale internationale (Cpi) pourraient survenir. Yahya Jammeh, qui a tenu d’une main de fer son pays, a les mains tachées de sang. Pour les innombrables crimes qui ont jalonné ses 22 ans de règne, de terreur. Ce qui ne manque pas de faire de lui un très bon, le client idéal voire même parfait pour la Cpi. On peut entrevoir déjà la soif de vengeance qui va commencer à animer ou gagner les innombrables victimes et familles de victimes qui ont eu à subir ou subi la loi du ci-devant homme fort de Banjul. La liste est longue, très longue même, donc loin d’être exhaustive pour se faire une idée du nombre de personnes qui ont été passées à la machine à tuer du dictateur de Banjul. Et tous ces nouveaux dossiers judiciaires vont constituer un nouveau marché pour les organisations des droits de l’Homme, qui ont toujours accompagné les victimes du bourreau de Banjul et leurs proches.
Celui qui avait transformé la Gambie en République islamique va devoir se plier à la volonté – et non au diktat – de la communauté internationale. Sortir par la grande porte en acceptant «humblement» sa défaite ne pourrait être une garantie pour l’ex-Président gambien pour échapper aux filets de Dame justice.
Le processus de retrait de la Gambie de la juridiction internationale, enclenchée il y a quelques semaines par le Président Yahya Jammeh, va connaître un coup d’arrêt, du fait de la perte par ce dernier contre toute attente du pouvoir. On voit donc mal le nouveau président de la République gambienne surfer sur la même vague que son triste prédécesseur.
mdiatta@lequotidien.sn

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