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opposition-marcheDans la foulée de sa marche réprimée du vendredi dernier, le Front Mankoo Wattu Senegaal annonce un grand meeting en début novembre. En attendant ce rassemblement où il est attendu des centaines de milliers de Sénégalais, l’opposition compte faire la tournée des ambassades des pays investissant au Sénégal. L’objectif est de dénoncer les «dérives» du pouvoir sur les contrats pétroliers, entre autres.

Par Babacar Guèye DIOP – Après avoir inhalé les gaz lacrymogènes de la police le  vendredi dernier, les leaders du Front pour la défense du Sénégal/Mankoo Wattu Senegaal ont retrouvé le confort des salles climatisées des locaux du Grand parti à Yoff. Pour autant, Malick Gakou et ses camarades comptent maintenir la pression sur Macky Sall et son régime. En effet, l’opposition va organiser un grand meeting à Dakar où il est attendu des «centaines de milliers de personnes». Wattu Senegaal veut ainsi démontrer sa force de frappe et rompre avec l’étiquette que lui colle le pouvoir, d’«opposition de salon». D’emblée, Mamadou Diop Decroix, porte-parole du jour, a jubilé sur la «double victoire» du Front lors de la marche réprimée du 14 octobre, tant sur le plan de la mobilisation que de la détermination.
Le secrétaire général de And Jef/Pads a nié une quelconque guerre des chiffres sur le plan de la mobilisation. «Cette marche constitue un tournant dans les rapports entre l’opposition et le pouvoir. Nous avons marqué une double victoire dont une sur la mobilisation. La dessus, il faut être clair, il n’y pas de guerre des chiffres. Ceux qui ont dit 3 mille étaient dans un endroit précis entre 15h et 15h30. Il y a un site anglais qui a parlé de 500 personnes. Vers 16 h-16h30, on a dit 15 mille. Nous sommes au Séné­gal. Quand on dit que la manifestation est prévue à 15h, les populations viennent à 17 ou 18h. C’est une habitude sénégalaise. Même des étrangers le savent. Je dis bien qu’entre 17h30 et 18h. On n’avait pas moins de 50 mille personnes entre la Place de l’Obélisque et la Rts», justifie De­croix. Avant de poursuivre : «Nos amis du pouvoir passent tout leur temps à dire que nous sommes une opposition de salon. On disait qu’on ne peut pas descendre dans les rues pour nous défendre. J’ai lu ce matin (hier) des propos qu’on prête au Président Macky Sall, faisant état des manifestants qui auraient foncé sur la police. Cela veut dire que nous n’avons pas fui.»

Combat à l’échelle diplomatique
Cependant, le Front Mankoo Wattu Senegaal rectifie le préfet de Dakar qui a parlé de déferlante des manifestants sur la police. «On a vu une police qui chargeait les manifestants par des grenades lacrymogènes. Nous voulons la paix et la tranquillité dans ce pays. Mais nous combattons pour le respect de nos libertés. C’est le pouvoir qui crée les tensions et non l’opposition», dénonce-t-il. Pour la marche vers le ministère de l’Intérieur, Mamadou Diop Decroix avertit que ce n’est que partie remise. «Tôt ou tard nous allons marcher vers le ministère de l’Intérieur. Lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, Macky Sall est sorti recevoir une délégation de l’opposition conduite par Amath Dansokho qui lui a remis une résolution devant ledit ministère. Aujourd’hui président de la République, il refuse cela. Nous n’allons pas l’accepter», tonne Mamadou Diop Decroix. Dans ce combat pour les libertés, la transparence sur les contrats pétroliers et gaziers et la fiabilité du fichier électoral, Wattu Senegaal compte introduire une tournure diplomatique. Ainsi, des délégations vont «sensibiliser» les ambassades des Etats qui investissent au Sénégal sur les «dérives» du Gouvernement. En attendant Gakou et Cie comptent «garder le cap de la résistance et du combat aussi longtemps que le régime n’acceptera pas que l’opposition a des droits».
bgdiop@lequotidien.sn 

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