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Après l’horreur qui s’est produit ce lundi à Thiès, avec le passage du Petit train de banlieue (Ptb) sur une jeune fille de 15 ans, la mairie ville de Thiès et la commune Nord polémiquent sur le drame. Si la Ville accuse la commune Nord d’avoir ordonné la reprise des activités des marchands sur la voie ferrée après le déguerpissement qu’elle a effectué, la commune Nord, elle, indexe la Régie des chemins de fer.

Après l’accident tragique sur le passage à niveau du marché Sahm ce lundi, à Thiès, le chef de Service des travaux et voiries de la ville de Thiès enfonce le clou : «Le maire de Thiès avait effectué un déguerpissement en octobre 2014 et celui de la commune Nord a décidé de faire revenir les mareyeurs. Et l’activité de ces derniers a repris au niveau de la voie ferroviaire. Si le maire de la commune de Thiès-Nord n’est pas conscient du danger que constitue l’occupation de l’emprise des chemins de fer, le maire de Thiès, Talla Sylla, en est pleinement conscient.» Visé par cette attaque, le maire de la commune Nord réplique : «La mairie ville de Thiès n’a jamais déguerpi les vendeuses de poisson installées sur la voie ferrée, c’est la municipalité de Thiès Nord qui s’en était chargée.» Et dans la foulée, Lamine Diallo en remet une couche : «La mairie de Thiès profite de toutes les occasions pour régler des comptes politiques.» Et la polémique enfle. En effet, selon Ahmed Mbaye, un arrêté n°044 du 15 octobre 2014 avait été pris par le maire de Thiès. Un arrêté portant interdiction d’activités commerciales sur le site du marché Sahm pour les motifs d’insalubrité générale, menace sérieuse sur l’environnement et la santé publique, encombrement principal des voies d’accès à la base aérienne des Forces de la zone militaire n°7 et au quartier Diakhao, entres autres motifs, renseigne le chef de Service des travaux et voiries de la ville de Thiès. Pour dire que Talla Sylla, «dès son avènement à la tête de la mairie, avait interdit toutes sortes d’activités de commerce au niveau du site du marché Sahm. Il avait décidé de le délocaliser à la demande des populations parce qu’il était devenu une bombe écologique. C’était une forte demande sociale des populations qui voulaient s’en débarrasser». Et par rapport à l’accident dont il déplore d’ailleurs, M. Mbaye fera savoir qu’il y a des responsabilités. Il explique : «Talla Sylla a eu le courage de délocaliser le marché. Il avait ensuite aménagé un autre site pour déplacer les mareyeurs de Thiès. Malheu­reusement, pour des raisons que tout le monde ignore, quelque temps après, le maire de la commune Nord, Lamine Diallo, s’est levé pour dire : ‘’Oui c’est notre prérogative de déguerpir, c’est nous qui gérons les marchés’’, et a décidé de faire revenir les mareyeurs. Et leurs activités a repris au niveau de la voie ferroviaire.» Ce qui est «inadmissible et inacceptable». A son avis, «les populations ne sont pas conscientes du danger que constitue l’occupation de l’emprise des chemins de fer. Il ne doit pas y avoir d’activités commerciales sur les rails. Ce n’est pas possible, c’est un danger». Ainsi et de lancer un appel aux autorités administratives pour qu’elles appuient le maire de la ville pour faire appliquer l’arrêté qui a été sorti en octobre 2014. A l’Etat, le chef de Service des travaux et voiries de la mairie ville demande de «régler définitivement ce problème des marchands qui sont revenus sur le site». Egalement, le problème de «la construction irrégulière de cantines dans le site du marché Sahm sous l’emprise des chemins de fer. Ce qui est inacceptable. Ces cantines n’ont pas fait l’objet d’une autorisation. Elles ont été construites de façon anarchique et illégale par le maire de la commune Nord. Donc, l’Etat doit prendre ses responsables puisqu’il s’agit de la sécurité des populations. Le maire Talla Sylla a pris ses responsabilités, mais il ne peut pas déplacer ni la gendarmerie ni la police. Il lui faut l’appui de l’Etat pour régler ce problème». En réaction, l’édile de la commune Nord explique que la mairie ville de Thiès n’a jamais déguerpi les vendeuses de poisson installées sur la voie ferrée. C’est la municipalité de Thiès Nord qui s’en est chargée. «Le déguerpissement que M. Talla Sylla avait fait concernait le marché Sahm qui existe depuis 1974. Et il n’est pas sur les rails, mais sur un titre foncier», ajoute-t-il. Un déguerpissement qui, selon l’élu, «a occasionné la dispersion des vendeuses de poisson du marché qui squattaient les rails, les routes et même les boulevards de la commune Nord». Lequel problème a été ensuite réglé par sa municipalité en procédant à une autre opération de déguerpissement. Et présentement, «il y a aucune activité de vente de poisson sur les rails». Il poursuit : «Mais dire aujourd’hui que le déguerpissement de Talla Sylla concernait des femmes qui vendaient sur les rails, c’est totalement faux.» Il termine en indexant, comme lui, la mairie ville de Thiès, la Régie des chemins de fer. «Ce qui s’est passé hier et c’est malheureux, c’est une femme qui voulait traverser le passage et est tombée. Et l’irréparable s’est produit. Et au­jourd’hui, c’est la responsabilité de la Régie des chemins de fer qui est interpellée. Dans ma commune,  il y a à peu près 5 passages à niveau qui ne sont pas gardés. Il n’y a aucune barrière et à chaque fois que le train traverse, ce sont des voitures, des motos Jakarta, des piétons qui rivalisent avec le train. Et cela pose un problème de sécurité.»
nfniang@lequotidien.sn

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