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La nuit a été agitée à Douala, où l’opposant Maurice Kamto et plusieurs membres et sympathisants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) ont été interpellés en début de soirée, lundi. Entre pneus brûlés et tirs de gaz lacrymogènes, l’arrestation du leader de l’opposition camerounaise a provoqué une brève agitation dans le 5e arrondissement de la ville, où des militants de la formation politique s’étaient massés pour réclamer sa libération.
Dans un communiqué signé pas le troisième vice-président du parti- l’avocat Emmanuel Simh, qui prend de fait les rênes du parti- le Mrc «condamne fermement ces interpellations politiques injustifiées et au demeurant annoncées, dont le but inavoué est de décapiter le Mrc et sa coalition gagnante autour de Maurice Kamto». S’adressant à ses militants, le communiqué leur «demande de rester calmes et attentifs aux instructions du directoire national».
L’arrestation de l’opposant n’a pas manqué de faire réagir au sein de la classe politique camerounaise, dont la plupart des acteurs ont marqué leur indignation, réclamant «la libération immédiate» de toutes les personnes interpellées.

Levée de boucliers de l’opposition
«Dans une autre tentative malheureuse d’exhiber sa force, nous découvrons un gouvernement trop faible pour dialoguer et incompétent pour comprendre le cri du Peuple. Les oligarques qui ont pris l’Etat en otage avancent vers l’autodestruction», a réagi Akere Muna, du mouvement Now sur son compte Twitter.
«Les gens ont crié «arrêtez la corruption», ils ont été réprimés, ils ont réclamé la justice, ils ont exercé leur droit constitutionnel de marcher pacifiquement, mais ils ont été fusillés et arrêtés. La population et la Communauté internationale appellent au dialogue. On leur a répondu par des menaces», écrit par ailleurs Akere Muna dans un communiqué, dans lequel il enjoint également au gouvernement de «libérer toutes les personnes arrêtées dans la crise actuelle et la crise anglophone».
Joint par Jeune Afrique, Emmanuel Ntonga, responsable du Social Democratic Front dans la région du Centre, fait un rapprochement avec la crise anglophone. «A chaque fois qu’un parti politique d’opposition demande à faire une manifestation pacifique, elle est interdite. Même lors du défilé du 20 mai [la fête nationale camerounaise, Ndlr], les pancartes sont filtrées. En 2018, nous avons été obligés de défiler torse-nu, avec des messages inscrits sur nos ventres, car nous n’avons pas la parole. La seule chose que le régime en place connaît, c’est la répression», a-t-il affirmé, se disant prêt à joindre «un mouvement visant à sortir le Cameroun de la dictature répressive».

Le flou persiste sur le lieu de détention
Le Cameroon People Party (Cpp) de Edith Kah Wallah, a exigé que les droits et libertés des personnes interpellées soient respectés. «A travers cette vague répressive, le Cpp est convaincu que cette démarche aura des effets amplificateurs de la tension sociale et politique. Cela ne manquera pas de rendre la situation plus explosive», peut-on lire dans un communiqué du Cpp.
Les leaders du Mrc interpellés lundi à Douala ont été conduits hier à Yaoundé. Un flou réside encore sur leur lieu de détention, des sources indiquent cependant qu’ils se trouveraient dans les services du Groupement  spécial des opérations (Gso). Les motifs légaux justifiant les arrestations de ces militants, dont certains ont été interpellés sur leur lit d’hôpital, n’ont pour l’heure pas été communiqués par les autorités.
«Le ministre Atanga Nji ayant parlé d’insurrection au cours de sa conférence, les Mrcistes ont certainement été interpellés sous le coup de l’article 116 de la loi, qui puni d’un emprisonnement de dix  à vingt ans celui qui, dans un mouvement insurrectionnel, provoque ou facilite le rassemblement des insurgés par quelque moyen que ce soit», avance Me Grégoire Kamdem, avocat au barreau camerounais.
jeuneafrique.com

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