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Les travailleurs de l’Agence de presse sénégalaise ont finalement décidé d’assurer le service minimum à compter d’hier jusqu’à lundi. Autre décision, ils comptent convoquer leur directeur général, Thierno Birahim Fall, devant l’Inspection du travail pour une séance d’explications. L’annonce a été faite hier, après le report du sit-in suite au rappel à Dieu du khalife général des Mourides.

Les agents de l’Agence de presse sénégalaise portent le deuil suite au rappel à Dieu du khalife général des Mourides Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké. Le sit-in d’hier qui devrait être suivi d’une conférence de presse sur la «situation préoccupante» que traverse l’agence nationale a été finalement reporté à une date ultérieure. Mais dans les couloirs de la Maison de la presse qui abrite les locaux de l’Aps, la colère des travailleurs était bien visible. Le personnel était en rouge pour exprimer son amertume. Malgré le report, les agents se sont mobilisés comme un seul homme pour défendre leur outil de travail. Ainsi, pour maintenir le cap, une Assemblée générale d’informations et d’échanges a été tenue au sortir de laquelle plusieurs décisions ont été prises.
A la place d’un fil blanc qui devrait circuler sur le site, journalistes et photographes ont décidé d’assurer le service minimum à partir d’hier jusqu’à lundi prochain. C’est-à-dire que le fil ne sera pas assez fourni en informations. Les employés ont aussi pris l’initiative de convoquer le directeur général de l’Agence de presse sénégalaise devant l’Ins­pection du travail pour «une séance d’explications». Ils promettent que lundi prochain, une évaluation sera faite afin de voir la suite à tenir par rapport à la plateforme revendicative et au préavis de grève que le syndicat envisage de déposer. Et de l’avis de Bamba Kassé, secrétaire général de la section Synpics de la boîte, «l’Aps vit une situation de décrépitude inimaginable pour une agence de presse».
Selon lui, le directeur général Thierno Birahim Fall, n’a jamais appelé les travailleurs pour des négociations sur la situation. Il dit : «Ici, c’est nous qui prenons souvent l’initiative des rencontres avec nos dirigeants. Depuis mars, plusieurs correspondances ont été adressées à la direction. A chaque fois qu’il y a un problème ici, on l’interpelle. La plupart de ces correspondances sont restées sans suites. Sur certaines, on nous répond, mais avec une tonalité inacceptable pour ne rien nous dire.» Et d’ajouter : «Tout cela fait qu’aujourd’hui le vase est plein. Il y a un trop-plein d’amertume. La démobilisation, elle est certaine. Personne ici n’a plus envie de travailler. Et donc, ça ce sont les prémices d’une mort certaine de l’Agence de presse sénégalaise parce que l’Aps constitue dans l’architecture médiatique sénégalaise un point d’équilibre.» Les travailleurs font face à des difficultés telles que les retards de salaire, les mauvaises conditions de travail.
msakine@lequotidien.sn

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