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Après la mise en œuvre des deux phases du plan de retrait des enfants de la rue, le ministère de la Bonne gouvernance et de la protection de l’enfance revoit sa copie. Il veut une procédure plus respectueuse des normes et plus inclusive. Désormais, ce sera le ministre de l’Intérieur, notamment la Brigade des mineurs, qui va procéder au retrait des enfants sur le terrain.

Une pause dans le plan de retrait des enfants de la rue pour évaluer, mais aussi pour adopter une procédure plus respectueuse des normes. Devant la presse, le ministère de la Bonne gouvernance et de la protection de l’enfance affiche ses ambitions pour les prochaines phases. «Cette fois-ci, il faut changer et respecter la norme», confesse Abdoulaye Dieng, conseiller technique dudit ministère. Ce qui implique une meilleure distribution des rôles car, dit-il, «le retrait des enfants de la rue est une opération de police administrative qui revient de droit au ministère de l’Intérieur». Le ministre de l’Intérieur a donc donné des instructions aux différents préfets et commissariats de police pour procéder au retrait. Aujourd’hui, fait-il savoir, «c’est le préfet qui fait ses planifications mensuelles et qui demande la contribution de la Brigade des mineurs pour diriger les opérations, appuyée par les travailleurs sociaux». Le ministère de la Protection de l’enfance apporte seulement la logistique.
Lors de la première phase, très critiquée par les observateurs et les acteurs de la lutte contre la mendicité des enfants, c’était les services du ministère de la Protection de l’enfance qui descendaient directement sur le terrain pour les récupérer et les confiaient ensuite au centre Guindi. Plus tard, ils organisaient leur retour dans leurs familles respectives. Une manière de faire qui enfreint la loi, car le retrait et le placement des enfants sont encadrés par la loi. Ils obéissent à des procédures qui impliquent et le ministère de l’Intérieur et celui de la Justice. Pour procéder aux placements d’enfants dans des structures d’accueil, il faut forcément une ordonnance de garde provisoire, délivrée par le juge.
Tout compte fait, il est heureux de constater des correctifs. Et toujours sur les innovations, les parents sont maintenant mis devant leurs responsabilités, car «ce sont les familles elles-mêmes qui viennent chercher les enfants et, avant de partir, signent une lettre qui les engage à maintenir l’enfant dans la cellule familiale», précise Alioune Sarr, directeur de la Protection de l’enfance. Outre ce fait, le centre Guindi n’est plus le seul lieu de référencement. «Les enfants talibés sont référés dans leur daraa où ils bénéficient de l’offre scolaire», soutient le conseiller technique Abdoulaye Dieng.

Phase 2 : 219 enfants retirés de la rue
Revenant sur les chiffres du retrait de la phase 2 du plan d’urgence de retrait, démarré le 28 mars dernier, le directeur de la Protection de l’enfance, Alioune Sarr, indique qu’à la date du 11 mai, 219 enfants ont été sortis de la rue. Des Sénégalais (135), des Bissau-guinéens (69), trois Guinéens de Conakry, trois Maliens, sept Gambiens et deux Nigériens.
Par rapport au rythme du retrait très lent, le conseiller technique du ministère de la Bonne gouvernance et de la protection de l’enfance évoque le manque de moyens logistiques et humains. «Il n’y a que deux voitures du ministère qui appuient la Brigade des mineurs qui n’a pas de voitures banalisées et les travailleurs sociaux chargés d’accompagner les enfants ne sont pas en nombre suffisant.» Tout de même, il compte sur l’implication de tous les acteurs, notamment de la société civile, les partenaires institutionnels et autres Ong qui œuvrent en faveur du respect des droits des enfants.
ndieng@lequotidien.sn

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