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Le secteur de santé ne semble pas encore sortir de la zone de turbulences. Après la grève du Syndicat autonome des médecins du Sénégal (Sames), les agents de la santé et de l’action sociale, regroupés dans le Sdt-3s, le Syndicat unique des travailleurs de la santé (Sutsas, le Syndicat national des travailleurs de la santé (Syntras), le Syndicat autonome des agents de la santé (Sats) entre autres, promettent de se battre pour la satisfaction de leur plateforme revendicative.

Le Syndicat autonome des médecins du Sénégal (Sames) a eu gain de cause et a levé son mot d’ordre de grève. Un ouf de soulagement pour les usagers de la santé. Pour autant, ce n’est pas la fin du calvaire. D’autres syndicats du secteur de la santé sont en ordre de bataille et promettent d’engager un bras de fer avec le gouvernement. D’ailleurs, une rencontre est prévue aujourd’hui avec le Premier ministre et ce sera la quatrième rencontre entre l’Etat et le Syndicat démocratique des travailleurs de la santé et du secteur social (Sdt-3s), le Syntras, le Sats, le Sutsas. Ces organisations syndicales, qui discutent de leur plateforme revendicative, n’écartent pas l’idée de former une coalition pour faire face à l’Etat.
Pour le Secrétaire national du Sdt-3S, Cheikh Seck, l’Etat doit prendre ses responsabilités pour satisfaire leur plateforme revendicative. «Nous ne sommes pas pressés. Nous prendrons le temps qu’il faudra pour élaborer un plan d’actions et faire face», prévient-il. Il ajoute : «Qu’il s’agisse de la rétention de l’information sanitaire, de la grève ou même du boycott de la vaccination. Nous sommes en train de réfléchir pour mener le combat. Que personne ne vienne nous reprocher d’avoir bloqué le secteur de la santé.» Le syndicaliste, prévenant l’Etat d’une possible paralysie totale du secteur, indique que les syndicats engagés dans cette lutte ont les moyens de le faire. «Si nous partons en grève, même les médecins ne pourront pas travailler. Ce sont les infirmiers qui font fonctionner les laboratoires, les services de radiologie, ce sont les secrétaires des médecins qui gardent les dossiers des malades et j’en passe», menace Cheikh Seck.
Les agents de la santé et de l’action sociale, membres de ces organisations syndicales, réclament des plans de carrière plus pertinents, l’octroi d’un régime indemnitaire. Contrairement aux enseignants, qui demandent une hausse de cette indemnité, ces agents disent ne pas en bénéficier. «Nous avons zéro franc d’indemnité de logement», peste le syndicaliste qui crie à l’injustice. Pour le Secrétaire national du Sdt-3s, joint par téléphone, «c’est une question de justice sociale surtout que cette revendication ne date pas d’aujourd’hui. Elle faisait partie de la première plateforme des agents de la santé en 1981», rappelle-t-il.
Le Sdt-3s et les autres syndicats réclament également l’indemnité de responsabilité. Pour les camarades de Cheikh Seck, l’Infirmier-chef de poste doit bénéficier de cette indemnité car, note-t-il, fait office de médecin et de sage-femme des fois. Mieux, il fait de la stratégie avancée, plaide le syndicaliste.
La seule indemnité dont bénéficient les agents de la santé est celle du risque. Elle est à 50 mille francs Cfa. «Le hic avec cette indemnité c’est qu’elle n’est pas indexée. Une fois à la retraite, l’agent de santé perd cet argent et se retrouve avec des miettes», fustigent-ils. Ils veulent que cette indemnité soit maintenant indexée. Le dernier point sur lequel les syndicalistes ne comptent pas transiger, ce sont les heures supplémentaires. Dénonçant le décret, qui définit le taux fixé à 446 francs Cfa l’heure, les syndicalistes demandent sa révision d’autant plus que ce décret date de 1979 et a été signé par le Président Léopold Sedar Senghor.
ndieng@lequotidien.sn

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