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Au lendemain de la violente manifestation, qui a embrasé Saint-Louis, le calme, même s’il est précaire, est revenu dans la ville, qui garde encore les stigmates de cette journée inédite.

La nuit a porté conseil aux pêcheurs de Guet-Ndar après un mardi très agité. A Saint-Louis, le calme est revenu après le chaos qui a régné suite aux violentes manifestations des pêcheurs de Guet-Ndar. Même s’il est précaire. Pendant toute la journée d’hier, les manifestants et les Forces de l’ordre se sont regardés en chiens de faïence avant que des négociations ne soient engagées en fin de journée sans pour autant que de grandes décisions ne soient prises. La présence massive de jeunes prêts à en découdre, qui ont occupé toute la journée d’hier la place Pointe-à-Pitre et ses environs, montrait que la situation était volatile.
De l’autre côté, les Forces de l’ordre avaient dès l’aube quadrillé toute la zone menant au pont Moustapha Malick Gaye, cordon ombilical entre Guet-Ndar-île de Saint-Louis. Les Forces spéciales de la police, appuyées par leurs collègues en poste à Saint-Louis et les renforts de la gendarmerie, ont installé un véhicule blindé sur le pont empêchant sa traversée. Au petit matin, seuls les piétons venant de la Langue de Barbarie pouvaient traverser pour rejoindre l’île, le passage étant interdit à ceux qui voulaient aller dans le sens contraire. Les populations étaient donc obligés de faire un grand détour jusqu’au pont Masseck Ndiaye dans le quartier Nord pour espérer vaquer à leurs occupations. La Place Faidherbe et ses alentours, point névralgique du centre-ville, a été également quadrillée et les mouvements des passants strictement contrôlés. Rien ne s’est donc passé jusqu’au soir, moment choisi, selon une source bien informée, par des bonnes volontés pour jouer les bons offices entre les deux parties qu’ils ont réussi à mettre autour d’une table. Ces négociations ouvertes ont duré plusieurs tours d’horloge mais n’ont cependant donné rien de concret. Selon cette source, les représentants des pêcheurs avaient demandé la libération de tous leurs camarades comme préalable à toute discussion. Ils se sont heurtés au refus catégorique du commissaire de l’île, responsable de cette zone. De toute façon, il aurait fait savoir aux pêcheurs que force restera à la loi et qu’il n’était pas question de libérer les personnes impliquées dans les manifestations. Fina­lement les pêcheurs ont décidé de céder. En attendant, personne ne peut prédire ce qui va se passer dans les prochaines heures dans la mesure où les autorités et les pêcheurs ne parlent pas le même langage. Jusque-là, aucune négociation n’a été annoncée entre les deux parties pour trouver un début de solution au problème des licences, qui a embrasé la ville.
Au cours de la journée d’hier, le haut-commissaire de l’Organi­sation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs), le Malien Diané Séméga, a visité le Centre de documentation et d’archivage de l’organisation sous-régionale qui a été incendié par les manifestants. A l’hôpital de Saint-Louis, les syndicats sont aussi montés au créneau pour dénoncer, au cours d’un point de presse, le saccage de plusieurs véhicules appartenant au personnel de l’hôpital. A la Senelec, les responsables ont déploré la mise à sac de leurs locaux comme lors de chaque manifestation.

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