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Il a franchi un autre pas. Après avoir démissionné de la Magistra­ture, Ibrahima Hamidou Dème annonce la mise en place d’un mouvement politique dénommé «Ensemble» dans les prochaines semaines.

Au-delà de son sévère réquisitoire et de sa démission de la Magistrature, Ibrahima Dème avait aussi dénoncé la gouvernance du régime de Macky Sall. Certains lui avaient alors prêté des intentions politiques. Invité de l’émission «Ça me dit Mag» de la 2Stv samedi dernier, il s’est voulu très clair : «Des journalistes m’ont appelé pour me demander si je vais faire de la politique. Un journaliste, analyse politique, pouvait écrire à partir de ma lettre de démission : ‘’Juge Dème démissionne de la Magistrature et entre en politique’’. Je dirais que c’est un bon résumé de ma lettre. Je suis dans la politique depuis le jour où j’ai démissionné.» Mieux, il annonce «dans les prochaines semaines» la mise en place d’un mouvement politique qui devrait s’appeler «Ensemble», comme la chute de sa lettre de démission «Ensemble, changeons le Sénégal». L’ancien magistrat qui invitait, il y a une semaine, ses «chers compatriotes» à «impérativement reprendre (leur) destin en main» estime que «nous devons changer la politique avant qu’elle nous change». Sans doute inspiré par Ousmane Sonko, M. Dème appelle «les autres patriotes» à ne pas «laisser le pays aux politiciens professionnels». Il constate : «C’est la seule classe politique qui se recycle. Il nous faut des hommes nouveaux parce que nous ne pouvons pas avoir de rupture avec ceux qui étaient là.»
Ibrahima Hamidou Dème se dit convaincu que s’il avait démissionné de la Magistrature pour rallier, personne ne le critiquerait. «Leur conception de la loyauté, c’est qu’on les rejoigne dans leurs objectifs politiques. En revanche, quiconque fait le contraire, on l’écrase. Quand on vous dit ‘’vous faites de la politique’’, c’est là un piège tendu à beaucoup de cadres. Quand on accepte qu’un administrateur civil milite au pouvoir, on doit accepter qu’un autre choisisse d’être dans l’opposition. C’est cela la démocratie. Finalement, ces politiciens veulent qu’on leur laisse le terrain. On doit y mettre fin. Tout fonctionnaire qui désire faire la politique doit pouvoir le faire sans contrainte», souligne-t-il.
hamath@lequotidien.sn

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