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Depuis l’annonce de l’acquisition de Tigo, on a l’impression que la société Wari n’arrête pas de grandir. Elle a déjà fait un autre pas dans la grande finance avec l’acquisition d’une banque au Togo. Tout ce qui semble susciter de l’envie et des critiques.

Annoncée en grande fanfare en début de 2017, l’acquisition de l’opérateur de téléphonie Tigo par Wari «suit son bonhomme de chemin, le processus est en cours», mais dans l’ombre. Kabirou Mbodj, Pdg de Wari, l’a déclaré hier, au cours d’un échange informel avec quelques représentants de médias nationaux. Il a expliqué que l’acquéreur a, depuis février, neuf mois pour conclure le «deal», après le due diligence. Les équipes des deux entreprises sont en train de travailler ensemble pour mettre de l’ordre dans la transaction et voir si le produit final est vraiment conforme aux annonces initiales. Une fois ce processus achevé, l’acquisition sera achevée.
Kabirou Mbodj s’étonne presque qu’on lui fasse remarquer que depuis un moment, son entreprise semble saisie d’une forte boulimie expansive. Il fait remarquer que l’écosystème impose aux entreprises de grandir et d’innover. «Pourquoi s’arrêter à un petit écosystème quand on peut grandir et s’étendre ?» C’est en ce sens que l’on doit comprendre l’acquisition de Tigo et de toutes ses opérations au Sénégal, ainsi que la reprise de la banque Siab au Togo. Ce sont, dans la vie d’une entreprise ambitieuse, des étapes normales qui jalonnent une existence. Et ce ne sont même pas des opérations nouvelles. «C’est depuis la fin de 2015 que nous avons ouvert des bureaux à Lomé, quand nous préparions l’acquisition de la banque Siab qui s’est conclue en juillet 2016.» Ce n’est donc pas une délocalisation du siège à Lomé, contrairement à ce qui a été lu et entendu.
Ce qui poussera Kabirou Mbodj à se désoler de faire depuis un moment les grands titres de la presse, mais dans le mauvais sens. Il semblerait que le succès de son entreprise gêne certaines personnes. Certains anciens employés de la maison à qui il déclare avoir offert des actions dans les débuts de la société ont lancé une cabale contre sa personne. «La procédure dont les journaux parlent date de 2012. Ces personnes ont été plusieurs fois déboutées par les tribunaux, mais elles n’arrêtent pas.» Le conseiller juridique de l’entreprise affirme détenir toutes les décisions des juges déboutant les accusateurs. Pour lui, le but de la manœuvre est claire : entacher la réputation du chef d’entreprise, afin d’instiller le doute sur la réputation de l’entreprise. «On a même voulu me mêler à des histoires de mœurs, inventées de toutes pièces.»
KABIROU-WARICe qui est malheureux pour Kabirou Mbodj, c’est que si les Sénégalais n’accordent pas d’importance à ces ragots, ils peuvent avoir un impact à l’international, auprès de partenaires avec lesquels le management de Wari est en relation. «Combien d’entreprises, même étrangères, cherchent à se développer simultanément dans 40 pays ? C’est ainsi que nous travaillons maintenant. Et l’on ne peut mesurer l’impact que peut avoir une information mise à la Une d’un journal. Même quand l’on veut démentir le lendemain, le mal est souvent déjà fait.» Wari, l’une de très rares fiertés économiques du Sénégal, risque de se brûler les ailes au feu des projecteurs. Parce qu’elle est sortie de l’ombre. Et le Sénégal perdra alors une fois de plus.
mgueye@lequotidien.sn

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