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Après plus d’une vingtaine de jours de détention préventive pour fausse alerte au terrorisme, l’activiste Guy Marius Sagna a obtenu hier une liberté provisoire.

L’étau s’est desserré : L’activiste Guy Marius Sagna a obtenu une liberté provisoire hier. Il a été arrêté le 19 juillet dernier pour «fausse alerte au terrorisme», a obtenu la liberté provisoire ce vendredi. C’était prévisible si l’on sait que le Parquet ne s’était pas opposé à la demande de la défense qui avait saisi la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar.
Guy Marius Sagna fait partie des leaders du Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine (Frapp), à la pointe de la protestation contre les Accords de partenariat économique (Ape), «l’implantation du capital étranger», le franc Cfa, France dégage. Il a été arrêté à la suite d’une publication sur Facebook d’un «post» du mouvement Frapp, qui accusé la France de «préparer psychologiquement les populations à vivre avec l’idée de la menace terroriste». Il a été donc arrêté pour fausse alerte au terrorisme.
Cette arrestation avait soulevé une vague d’indignations des organisations de défense des droits de l’Homme, qui avaient également lancé une campagne internationale pour la libération de Guy Marius Sagna. En conférence de presse hier, ses avocats avaient dénoncé une détention arbitraire parce qu’il est une figure de la contestation et de l’opposition au régime. Face à la presse, Me Moussa Sarr, qui a assisté M. Sagna depuis les premières heures de son arrestation, dénonçait la procédure ayant abouti à son placement sous mandat de dépôt le 19 juillet. Au début, renseigne Me Sarr, les interrogations portaient sur deux «posts» qu’il avait faits sur la mauvaise qualité des structures sanitaires au Sénégal. Selon Me Sarr, aucune infraction ne lui a été notifiée concernant ce sujet. C’est par la suite, contre toute attente, qu’on lui a sorti un «post» fait par le mouvement Frapp-France dégage auquel il appartient. Une situation que l’avocat trouve assez curieuse. Il se demande même pourquoi on veut lui imputer la paternité d’une déclaration et d’un «post» qu’il n’a pas fait. En plus, Me Moussa Sarr estime que cette déclaration dont on parle n’est même pas une information, mais une analyse d’une situation. Aux yeux de l’avocat, c’est clair qu’avec l’arrestation de Guy Marius Sagna, on est en train de remettre en cause la liberté d’expression. Parce que, d’après lui, on ne peut pas poursuivre M. Sagna pour fausse alerte au terrorisme.
A l’époque, le président de la Ligue sénégalaise de défense des droits humains soutenait qu’on était en train de toucher aux droits fondamentaux et à la sûreté de la personne. Analysant la situation, Me Ndiaye soutenait que «nous assistons à une période noire de la démocratie sénégalaise». Ainsi pour lui, il faut faire en sorte que «Guy Marius Sagna soit libéré d’office». D’après Me Ndiaye, il ne s’agit même pas de demander une liberté provisoire, mais il faut «la levée du mandat de dépôt». A défaut, il a obtenu une liberté provisoire après plus de 20 jours de détention.
Cette info soulage fortement la Coalition sénégalaise des défenseurs des droits de l’Homme (Coseddh) et le Réseau ouest africain des défenseurs des droits de l’Homme (Roaddh), qui «considèrent qu’il avait été arrêté et détenu pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression et d’opinion garanti par la Constitution et des traités régionaux et internationaux dont l’Etat du Sénégal est partie». Au final, les deux organisations exigent, «au vu des informations recueillies auprès de ses avocats et des membres de son organisation, l’abandon de toutes les charges et des poursuites contre Guy Marius Sagna».

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