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La commercialisation de l’arachide a débuté. Dans le Baol, le marché parallèle est pris d’assaut parce qu’offrant plus aux producteurs, avec un prix supérieur à celui proposé par le Cnia.

La campagne de commercialisation arachidière est mal partie dans le Baol. Et pour cause, les producteurs se ruent vers le marché parallèle pour écouler leurs produits. Abdou Ndiaye, un paysan rencontré au marché Ndoumbé Diop de Diourbel, explique : «Nous ne pouvons pas vendre au niveau des points de collecte parce que là, nous sommes obligés d’attendre avant de percevoir notre argent. Alors que dans le marché parallèle, on vend à 215 francs, là où l’Etat propose 210 francs.» La situation est la même un peu partout au niveau des différents marchés de la région de Diourbel où les producteurs ont pris d’assaut les points de vente.
Du côté de l’usine Sonacos-Eib, l’argent n’est pas encore disponible pour payer les opérateurs semenciers. Une source digne de foi confie : «C’est le système de facturation qui est mis en place comme dans les années passées. On n’a, à ce jour, pas reçu un seul franc pour payer les producteurs.» Aux dernières nouvelles, les chèques seraient disponibles depuis hier jeudi à 17 heures si l’on en croit des personnes proches de l’usine. Dans cette entreprise où on recherche 25 mille tonnes, 317 tonnes d’arachide ont été collectées à la date du mercredi 6 décembre. Ce qui dépasse de loin les 104 tonnes collectées en 2015. Cette année, il est prévu de faire des Hps.
La hantise des industriels nationaux est de devoir revivre la situation catastrophique de l’année dernière, quand ils ont vu quasiment l’ensemble de la production du pays se diriger vers le port de Dakar pour être essentiellement exportée vers la Chine et le Vietnam. Faute d’argent pour tenir la comparaison, ces industriels ont dû se contenter de la portion congrue. C’est à peine si une compagnie comme la Sonacos, déjà en plein marasme du fait de la gestion de son repreneur Abbas Jaber, n’avait pas été contrainte à mettre une bonne partie de son personnel en chômage technique. Et comme les années suivantes, les industriels ont exigé que l’Etat veille à réserver une part nécessaire de la production de l’arachide au fonctionnement des usines locales. Jusque-là malheureusement, les pouvoirs publics ne se sont pas résolus à mettre en place une politique qui conduirait à cette solution. Laissant faire le marché, avec tous les risques que cela implique.
A Louga, 310 tonnes sont pour le moment collectées. Pour la présente campagne, les quatre huiliers, à savoir Sonacos Sa, Copeol, Cait et Wao, concernés par la commercialisation, totalisent 1 964 points de collecte. La Sonacos qui vise un objectif de 200 mille tonnes détient le plus grand nombre de points de collecte sur l’étendue du territoire national. Pour cette campagne, la compagnie récemment «déprivatisée» totalise 1 117 points de collecte dont 135 distribués à 489 opérateurs semenciers. S’agissant de Copeol, le nombre de ses points de collecte est de 547. Pour Cait, ses points de collecte sont de 145 avec 47 opérateurs. Le 4ème opérateur, Wao, dispose de 139 points de collecte pour 43 opérateurs.
badiallo@lequotidien.sn

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