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La campagne de commercialisation de l’arachide est officiellement lancée par l’Etat du Sénégal le 3 décembre dernier. Auparavant, des opérateurs officieux avaient déjà commencé à squatter les marchés hebdomadaires (Diaobé, carrefour mandat) où se sont créés des points de collecte dans les principaux centres urbains de la localité : Vélingara, Médina Gounass, Kounkané, Pakour ou Wassadou. Dans ces points officieux, le producteur est roi. Il est couru après pour céder ses graines au comptant à 210 francs au moins, ou à 15 mille francs Cfa le sac à Diaobé. Un sac qu’on ne prend pas la peine de peser et qui peut faire plus ou moins 50 kg. Au même moment, aucun point de collecte officiel du département n’a reçu une seule graine d’arachide, «faute d’argent», a-t-on appris. Toutefois, «les seccos sont clôturés, le Service du commerce a procédé aux vérifications d’usage. Les patrons attendent de recevoir de l’argent des banques», a informé un préposé à l’achat dans l’un des 3 points officiels de la ville de Vélingara. Selon un ancien opérateur privé, stockeur, démissionnaire, «le financement de 30 milliards qu’aurait mobilisé la Sonacos ne sert pas à financer les opérateurs. Ceux-ci doivent s’endetter auprès des banques à des taux dissuasifs pour pouvoir acheter les graines. L’argent de la Sonacos sert à racheter les graines une fois déchargées à l’usine à 224,5 francs, soit 14,5 francs de plus par kg. Et la Sonacos se plaît à délester le chargement de la tare. Les frais lié au transport et à la manutention sont à la charge de l’opérateur.» Il poursuit : «Les quelques opérateurs qui sont encore en activité le sont pour des raisons autres que la rentabilité.» Pessimiste pour la Sonacos, il fait cette prédiction : «Même si les opérateurs agréés reçoivent l’argent des banques, les producteurs ne vont pas se bousculer devant les points officiels de collecte. Le pesage dans ces points n’est pas contrôlable par eux, leurs graines sont criblées (même si la pratique est peu courante maintenant) et la tare est souvent soustraite du poids. Les commis-peseurs tiennent compte des probabilités de se tromper par-ci, de remettre plus d’argent par-là et font payer au producteur une partie de ces marges d’erreurs. Le producteur en est conscient.» C’est dire que, pratiquant le même prix d’achat, les points de collecte officieux vont continuer à attirer plus de clients que les collaborateurs de la Sonacos.

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