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Le Comité pour la valorisation des archives de Thiaroye 44 (Covart 44) a commémoré les Tirailleurs sénégalais ce mardi 18 par le vernissage de l’exposition «Thiaroye 44 : le prix de la liberté (1943-1969)».

Le Comité pour la valorisation des archives de Thiaroye 44 (Covart 44) a levé le voile sur un pan de l’histoire des Tirailleurs sénégalais  massacrés à Thiaroye le 1e décembre 1944 à travers des documents d’archives. L’exposi­tion se déroule en même temps qu’un pré-colloque qui se tient à Dakar sur le thème «Thiaroye 44 : Le prix de la liberté (1943-1969)». L’exposi­tion faite sur des colonnes de bâche grand format retrace, entre autres, la création du Bataillon des tirailleurs en 1857, les Tirailleurs dans la 2e guerre mondiale, les incidents du camp de Thiaroye et l’après Thiaroye 44. L’on peut ainsi y découvrir des lettres de témoignage des Tirailleurs ex-prisonniers des camps allemands où ils vécurent 4 longues années de «misère durant lesquelles ils furent victimes de froid, de faim, de brimade et de fusillade par les Ss». «Nous remercions Dieu d’être ici aujourd’hui, c’est un miracle. Nous avons traversé des moments tragiques et subi des tortures abominables», lit-on sur les missives estampillés «Secret». Pour le ministre des Forces armés, Augustin Tine, «Thiaroye 44, encore appelé événements, massacre ou tragédie de Thiaroye, est une page douloureuse de notre histoire que nous partageons avec tous les pays d’où étaient originaires les Tirailleurs sénégalais». Le ministre d’ajouter que le massacre du 1er décembre 44 est «une tragédie qui reste gravée dans la mémoire collective à travers la musique, la littérature, la poésie, le théâtre, le cinéma». Il renseigne qu’un site est créé à la Présidence sur les Tirailleurs et que le cimetière de Thiaroye est inscrit dans le parcours du visiteur.
En 2017, lors de la commémoration de cette tragédie, Le Monde Afrique titrait sur cet épisode : Massacre de Thiaroye en 1944 : C’est un crime de masse prémédité. Le média français rappelait que «le 1er décembre 1944, des dizaines de soldats africains appelés ‘’Tirailleurs’’ ont été exécutés par l’Armée française dans le camp de Thiaroye, au Sénégal. Ces hommes qui ont combattu pour la France lors de la guerre et qui sont anciens prisonniers des nazis réclamaient le paiement de leur solde. Selon la version officielle, la répression fait suite à une mutinerie. Une thèse réfutée par l’historienne Armelle Mabon, maître de conférences à l’Université Bretagne Sud. Elle dénonce un mensonge d’Etat et un crime de masse prémédité». Jusqu’à nos jours, un pan important des archives du massacre de Thiaroye 44 reste encore méconnu du grand public.
Stagiaire

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