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Le Sénégal, en partenariat avec les bailleurs, a organisé une table ronde sur la mobilisation de ressources en vue d’intégrer les femmes dans les Forces armées. Une nouvelle stratégie sectorielle genre pour promouvoir l’équité et l’égalité et permettre aux femmes d’avoir les mêmes chances que les hommes dans l’Armée et la gendarmerie.

Une table ronde avec les partenaires a été organisée pour mobiliser des ressources en vue d’institutionnaliser le genre dans les Forces armées. Ces ressources additionnelles vont permettre le fonctionnement et la mise en œuvre de la Stratégie sectorielle genre des Forces armées 2012-2022. Cette nouvelle stratégie va permettre aux femmes d’intégrer les Armées et la gendarmerie. Une façon pour les autorités de promouvoir l’équité et l’égalité dans ces corps qui résistent encore aux femmes.
La représentante d’Onu Femmes à Dakar parle d’un pas décisif franchi. Coumba Fall Venn, administratrice du Centre panafricain de l’Ong Femmes Africa solidarité (Fas), soutient quant à elle que la participation des femmes aux forces armées, au-delà d’une question de justice et d’équité, est une valeur ajoutée à l’efficience et à l’efficacité de la mission de sécurité.
En tout état de cause, le gouvernement a pris des mesures correctives pour rendre effective la stratégie. D’abord au plan juridique, il a modifié les dispositions législatives et réglementaires relatives à l’accès pour permettre le recrutement des femmes dans les Forces armées. Il a également révisé en faveur des personnels féminins, les textes relatifs au mariage, à l’indemnité représentative de logement et au règlement de discipline générale. Au plan institutionnel également, relève le ministre des Forces armées Augustin Tine, son département est en voie de «modifier l’organigramme du ministère des Forces armées de l’Etat-major général des Armées et du Haut commandement de la gendarmerie, en insérant en leur sein une cellule, des divisions et des bu­reaux genre».
Outre les mesures correctives prises, le ministère des Forces armées a également fait élaborer un manuel du formateur en genre pour les spécialistes et un code de conduite pour régir les relations de travail homme-femmes.
La nouvelle stratégie a aussi besoin d’un renforcement de capacité, surtout dans la formation de base. Il s’agira, selon Mme Venn, d’amener les Forces armées, hommes et femmes dans l’Armée, à travailler ensemble. A les former aussi sur le pré-déploiement puisque le Sénégal est un très grand contributeur au niveau des missions de maintien de la paix. Un leadership évoqué par l’ambassadeur de la Grande Bretagne au Sénégal, Gerge Hodgson, qui appuie la stratégie. Notre pays, indique-t-il, s’est engagé en outre à soutenir l’initiative pour la prévention de la violence sexuelle en temps de conflit, lancée en 2012
Sur ce point, le ministre des Forces Armées indique que l’introduction d’un curriculum genre dans les écoles des armées et de la gendarmerie et d’un cours de formation genre pour les contingents en pré déploiement va constituer la prochaine étape dans la mise en œuvre de la stratégie sectorielle.
Certes, il y a des contraintes d’ordres social et religieux quant à l’égalité des genres surtout dans certains corps de métiers comme l’Armée, mais de l’avis de l’administratrice du centre panafricain de l’Ong Femmes africa solidarité (Fas), il nous faut avancer surtout dans la prise de décision. Il faut que les mentalités changent au niveau du haut commandement. Et pour elle, le Sénégal dispose d’outils qui lui permettent d’aller dans ce sens.
ndieng@lequotidien.sn

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