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Le Conseil de régulation de l’Armp a été reconduit avec des nouveaux membres et une composition remaniée.

Le directeur général de l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) ne veut pas partir et trouve le moyen de se faire renouveler son contrat en or. Mais les membres du Conseil de régulation n’ont pas, eux, la même chance. Sans doute parce qu’ils ne sont pas en mesure de rendre à l’Exécutif les mêmes services que M. Saër Niang. Il est vrai que dans le Conseil sortant qui avait été mis devant le fait accompli dans le cas de la reconduction de Saër Niang, certains membres avaient préconisé une démission collective, sous forme de protestation. Cela ne s’était pas fait. Et de toutes les manières, la majorité était en fin de mandat. Quoi qu’il en soit, le décret 2017-527, qui nomme les nouveaux membres du Conseil de régulation des marchés publics, a été signé depuis le 11 avril dernier.
La première chose qui frappe aux yeux, c’est le retour du Forum civil au sein de cette instance. On se rappelle que le Conseil sortant ne comprenait aucun membre de cette structure. La publique renommée avait à l’époque porté cela sur le compte de la pugnacité dont avait fait montre Birahim Seck qui représentait cette structure de la société civile au sein du Conseil de régulation et qui avait la particularité, par ses sorties, de déstabiliser les pouvoirs publics plus qu’à leur tour.
Aujourd’hui, à la place de Birahim, c’est Daouda Diop, juriste comme M. Seck, qui siégera pour le compte du Forum civil. Il aura à ses côtés, comme représentants de la société civile, Me Alioune Badara Fall, un ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats, l’ancien président de l’Ordre des experts-comptables, M. Mamour Fall.
Il faut noter que le Conseil de régulation est composé de neuf personnes représentant trois entités, à savoir l’Admi-nistration, le Secteur privé et la Société civile. Chacune de ces entités comprend 3 représentants.
C’est ainsi que l’on retrouve, en tant que représentants de l’Administration, M. Amadou Ngom, le directeur des Services législatifs de la Primature, associé à la magistrate Habibatou Babou Wade, directeur des Affaires civiles et des Sceaux au ministère de la Justice, et à M. Omar Sakho, le coordonnateur de la Cellule des passation des marchés au ministère de l’Economie, des finances et du plan. Ces trois personnes devront travailler avec, outre les représentants de la Société civile déjà cités, MM. Meïssa Fall, représentant du Conseil national du patronat (Cnp), Abdou-rahmane Ndoye de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes), et Boubacar Samb qui y entre au nom du Mouvement des entreprises du Sénégal (Meds).
Il faut relever ici que c’est la première fois que le Meds intègre le Conseil de régulation de l’Armp. Ce siège était jusque-là occupé par un représentant de la Chambre de commerce. Reste à savoir comment il faudrait interpréter cette mise à l’écart des commerçants. Quoi qu’il en soit, ce qui semble le plus préoccuper les membres du Conseil, c’est le fait que depuis la création de cette institution, elle n’ait été présidée que par un représentant de l’Administration. Comme si l’Etat, qui est déjà sur-représenté dans le Conseil, voulait se donner des gages quant à la manière dont l’institution est conduite.
Si cela était le cas, on pourrait dire à l’Etat de ne pas se faire de souci. D’abord, de la manière dont il a été reconduit à la tête de l’Armp, M. Saër Niang ne pourrait rien refuser à l’autorité publique. Et de plus, avec ses trois membres siégeant au Cr et composant pour moitié l’Organe de règlement des différends, aucune décision désagréable ne pourrait sortir de cette instance.
mgueye@lequotidien.sn 

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