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Aly Diop, Waly Diop, André D. Faye et Ibrahima Faye croyaient qu’en menaçant de poursuivre le Marocain Mohamed Fagoul de terrorisme, ils pourraient lui prendre son argent (4 millions) sans aucun problème. Mais c’était sans compter avec la victime qui s’en est ouverte à la gendarmerie. Poursuivis pour association de malfaiteurs, vol en réunion commis avec violence et extorsion de fonds, les ex-gendarmes, radiés à cause de ces agissements, risquent 10 ans de travaux forcés. Ils seront fixés sur leur sort le 6 août prochain.

Les anciens gendarmes Aly Diop, Waly Diop, André D. Faye et Ibrahima Faye n’honorent pas leur tenue. Tellement ils ont usé et abusé des avantages de leur profession. Informé par une de ses connaissances qu’un Marocain détenait du mercure et une forte somme d’argent, Aly Diop a trouvé une occasion de l’escroquer. Il a partagé ainsi la nouvelle à ses collègues afin de mettre la main sur le pactole. De concert, ils ont embarqué dans un véhicule de marque 406 pour les poursuivre. Arrivés sur l’autoroute à péage à hauteur de Diamniadio, ils ont arrêté Mohamed Fagoul et les passagers Raymond et Moussa Dièye pour les acheminer dans la forêt de Mbao. Après avoir libéré leur indicateur Raymond, ils ont brutalisé le Marocain et lui ont intimidé l’ordre de leur remettre de l’argent.
Face aux menaces de ces gendarmes, il s’est rendu à la banque avec eux pour retirer 4 millions de francs Cfa de son compte pour les leur remettre. Puis, ils ont réussi à l’intimider en le menaçant de le poursuive pour terrorisme. Mohamed Fagoul et son ami Moussa Dièye ont été par la suite relâchés par les gendarmes à hauteur de la Foire. Mais ils n’ont pas tenu la promesse faite aux gendarmes. Ils ont porté plainte contre leurs agresseurs à la gendarmerie de la Foire. Quarante jours après, les pandores ont été arrêtés avant d’être traduits devant la justice.
Après trois ans de détention préventive, Aly Diop, Waly Diop, André D. Faye et Ibrahima Faye ont comparu à la barre de la Chambre criminelle de Dakar pour association de malfaiteurs, vol en réunion commis avec violence et extorsion de fonds. A l’unanimité, les accusés, qui ont été radiés de la maréchaussée, ont nié les faits qui leur sont reprochés. Ils disent avoir fait leur déposition sous la contrainte. «Le Marocain avait une attitude suspecte. C’est dans ces circonstances qu’on a fouillé son véhicule, mais en vain», a expliqué Aly Diop.
Toutefois, les mis en cause ont reconnu avoir reçu l’argent de la part du Marocain. C’est le montant qu’ils ont contesté. «On n’a reçu qu’un million de francs Cfa», soutient Waly Diop. Des dénégations corroborées par ses acolytes. Selon le procureur, les faits sont avérés. «Il y a eu une association de malfaiteurs parce que les accusés se sont concertés afin d’accuser le Marocain de terroriste». En atteste l’acheminement de Raymond dans la forêt de Mbao. «Il y a eu une concertation dans le but de commettre des crimes. L’extorsion de fonds ne souffre d’aucune contestation. Car dès qu’ils ont vu le Marocain déchirer le chèque, ils lui ont demandé d’établir un nouveau chèque du même montant. Il y a une contrainte morale et physique», a remarqué le Parquet qui a requis 10 ans de travaux forcés.
Quant à la défense, elle a plaidé l’acquittement. Selon l’avocat, il n’y a pas de preuves suffisantes pour incriminer les accusés. «Ils ont déjà payé leur crime, car étant tous radiés de la gendarmerie», informe-t-il avant de solliciter une application bienveillante de la loi à leur endroit. L’affaire est mise en délibéré au 6 août prochain.
justin@lequotidien.sn

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