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Le chef de l’Etat a demandé à tous les services concernés de faire en sorte que le sucre de contrebande n’entre plus dans ce pays et ne vienne pas menacer la survie de la Compagnie sucrière sénégalaise (Css). Il a également demandé que soit mis fin à la délivrance des Dipa tant que les stocks de la compagnie de Richard-Toll ne seront pas épuisés.

Le président de la République en a assez de la contrebande de sucre au Sénégal et l’a nettement fait savoir. Le Quotidien a appris qu’il y a un peu plus d’une semaine environ, au cours d’un Conseil des ministres, il s’en était violemment pris à ceux qui, par laxisme ou par intérêt personnel, laissaient passer du sucre au Sénégal sans tenir compte du fait que la production nationale était suffisante pour couvrir les besoins du pays jusqu’à la fin de l’année. On se rappelle qu’à la fin du mois de mars, les syndicalistes de la Compagnie sucrière du Sénégal (Css) se lamentaient de ce que, malgré l’interdiction de délivrance des Droits d’importation des produits alimentaires (Dipa), des contrebandiers nettement identifiés se permettaient de faire entrer des cargaisons de sucre dans ce pays, sous le prétexte de couvrir les besoins d’une entreprise industrielle. A l’époque, le navire «Jana Rosa» avait fait entrer plus de 12 mille tonnes de sucre, plus de douze fois ce que l’entreprise en cause avait besoin en un an.
Les cris des agents de la Css, qui faisaient remarquer qu’entre-temps leurs capacités de stockage étaient totalement dépassées avec plus de 80 mille tonnes qui ne trouvaient pas de preneur, avaient poussé le gouvernement à sortir de sa réserve pour assurer que les Dipa ne seraient pas délivrés tant que la Compagnie sucrière n’aurait pas épuisé ses stocks. Or, en début de cette semaine, on a appris qu’un autre navire venait de débarquer à Dakar avec 11 mille 400 tonnes de sucre, officiellement affrétées par le même contrebandier, précédemment mis en cause. Et comme pour l’ancienne cargaison, cette dernière ne s’est pas acquittée de ses droits de douane, car ayant été enregistrée comme étant en transit, alors que ses produits se retrouvent sur le marché.
Face au tollé soulevé par cette situation, la direction du Commerce intérieur a publié un communiqué dans lequel elle affirmait que «l’importation de sucre en transit ou en entrepôt ne saurait remettre en cause ou fragiliser le dispositif de protection de la production locale de sucre mise en place par le gouvernement à travers divers leviers fiscaux ou de régulation». Mais les choses ne se sont pas arrêtées là.
Comme on l’a dit, le président de la République a pris le dossier en main, après le chef du gouvernement Mahammed Boun Abdallah. Le Président Macky Sall a indiqué avec force qu’il ne tolérerait pas que des quantités de sucre soient importées et puissent menacer la survie même d’une entreprise nationale qui est l’un des plus gros employeurs privés de ce pays. En plus de cela, tout le monde sait que la bonne santé de la Sucrière a une incidence directe sur l’économie de tout le Walo, dans lequel rien que par les salaires qu’elle paie, l’entreprise de Jean-Claude Mimran injecte mensuellement plus d’un milliard de francs Cfa.
Tous les services concernés, à savoir le ministère des Finances et ses nombreux démembrements, parmi lesquels la Douane et les services fiscaux, ainsi que le ministère du Commerce, qui supervise les importations des produits alimentaires dans ce pays, ont été sensibilisés et ont promis de faire respecter rigoureusement les directives du chef de l’Etat. Cela sera très facile de vérifier, car avec l’approche du Ramadan, période où la consommation du sucre connaît un pic dans ce pays, une altération de la situation sera très vite perçue, aussi bien par le personnel de la Css que par les services de l’Etat.
mgueye@lequotidien.sn

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