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Engagé comme clerc à l’étude du commissaire-priseur, Amadou Thiam Guèye, le prévenu, Mbaye Ndiaré Mbaye, a commis un vol de 1 million de francs Cfa. Comme explication : il a laissé entendre qu’il n’a pas été payé par son patron. Il encourt un an de prison pour les délits de vol, faux et usage de faux en écritures de banque, escroquerie et tentative d’escroquerie.

Mbaye Ndiaré Mbaye est unique en son genre. Parce qu’il n’a pas été payé et il s’est livré à un vol chez son patron, Amadou Thiam Guèye, commissaire-priseur. Après avoir reconnu l’infraction face au juge, voilà la réponse servie par le prévenu pour justifier son acte. En effet, le mis en cause a été arrêté à la banque au moment où il s’apprêtait à faire une opération. Cela a été rendu possible grâce à la vigilance de l’agent à la caisse qui a remarqué que la signature n’était pas conforme. Pour en avoir le cœur net sur l’intention du client, le service n’a pas tardé à contacter par téléphone le propriétaire. Surpris, Amadou T. Guèye a rétorqué qu’il n’a pas envoyé son employé pour retirer un chèque de 500 mille francs Cfa. Après vérification, il a été constaté que le prévenu avait déjà pompé le montant d’un million de francs Cfa dans ledit compte. Pour brouiller les pistes, le sieur Mbaye avait commissionné un vendeur de bananes du coin de nationalité guinéenne du nom de Mamadou Diallo. Ce dernier est aujourd’hui rentré chez lui en Guinée.
A la barre, il a admis avoir rempli et signé les chèques. Aveux qui ont fait dire au ministère public que les faits sont constants et qu’il «y a la signature qui corrobore le faux. Il a usé de manœuvres frauduleuses». De l’avis du procureur, il y a un lien de subordination, parce que le prévenu travaillait dans l’étude du commissaire-priseur depuis longtemps. Ainsi après avoir constaté la «gravité et la constance des faits», il a demandé la requalification des faits de vol simple en vol commis au cours du service. Pour la répression, le maitre des poursuites a requis une peine d’un an d’emprisonnement ferme. Avant son réquisitoire, la partie civile avait réclamé la somme de 2 millions de francs Cfa de dommages et intérêts. Pour Me Ibrahima Mbengue, les faits sont constants. Parce que, dit-il, le prévenu a reconnu avoir volé, avoir signé les chèques avant d’encaisser l’argent. Il a attesté également qu’il s’agit de faits graves, parce que la signature de son client a été falsifiée. «Il dit qu’il est resté longtemps sans être payé. A l’enquête, il dit qu’il est allé distribuer l’argent à Dagana. Ne salissez pas Amadou !», a balancé Me Mbengue au prévenu.
L’avocat de la défense a plaidé coupable devant la constance des faits. Mais pour le conseiller de Mbaye Ndiaré Mbaye, «dans ce dossier, il n’y a pas de manœuvres frauduleuses. Parce que les chèques n’ont pas été remis par des manœuvres». Ainsi, il a sollicité la relaxe de son client pour ce chef. Pour les autres délits, il a interpellé le juge à tenir compte de sa qualité de délinquant primaire. Alors l’avocat a encouragé le Tribunal à faire une application bienveillante de la loi pénale. Il est poursuivi pour les chefs de vol, faux et usage de faux en écritures de banque, escroquerie et tentative d’escroquerie.

msakine@lequotidien.sn

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