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Vue de l’exposition «Madagascar, Arts de la Grande Île». Du 17 septembre 2018 au 1er janvier 2019.

Emmanuel Macron a décidé de restituer «sans tarder» 26 œuvres réclamées par les autorités du Bénin, prises de guerre de l’Armée française en 1892, a annoncé l’Elysée, après la remise d’un rapport sur la restitution par la France d’objets d’art africain.

Le chef de l’Etat français, qui s’était engagé l’an dernier à étudier ces restitutions, propose aussi de «réunir à Paris au premier trimestre 2019 l’ensemble des partenaires africains et européens» pour définir le cadre d’une «politique d’échanges» d’œuvres d’art.
Le Bénin, qui avait contribué à lancer le dossier en réclamant la restitution des statues royales d’Abomey, actuellement propriété du musée du Quai Branly, s’était réjoui dès le début de la semaine que la France «soit allée au bout du processus».
Pour l’Élysée, la restitution des œuvres béninoises ne doit pas constituer un cas isolé ni purement symbolique. Le chef de l’Etat «souhaite que toutes les formes possibles de circulation de ces œuvres soient considérées : restitutions, mais aussi expositions, échanges, prêts, dépôts, coopérations», indique l’Elysée.

Restitution sous certaines conditions
Le rapport qui lui a été remis vendredi propose une évolution de la législation afin de restituer aux Etats demandeurs des milliers d’œuvres d’art africain arrivées pendant la colonisation, qui se trouvent dans les musées français. Il insiste cependant sur plusieurs conditions, comme une demande préalable des Etats concernés et une information précise sur leur provenance. Il faut aussi des structures pour accueillir les œuvres dans de bonnes conditions, comme le réclament les musées.

Politique d’échange
Pour la future politique d’échange, le Président français souhaite d’ailleurs que «les musées jouent un rôle essentiel dans ce processus». Ils sont ainsi invités à «identifier des partenaires africains, organiser les éventuelles restitutions, la circulation et la diffusion des œuvres». Ils devront aussi aider à mettre en ligne rapidement «un inventaire des collections africaines qu’ils conservent» avec «une recherche systématique de provenance».
Emmanuel Macron réclame également «un travail approfondi avec les autres Etats européens qui conservent des collections de même nature acquises dans des circonstances comparables». Lors d’un discours à l’université de Ouagadougou le 28 novembre 2017, il avait souhaité que «d’ici cinq ans, les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afri­que».
En mars, il avait commandé à deux universitaires, Felwine Sarr, de l’université de Saint-Louis (Sénégal), et Bénédicte Savoy, du Collège de France, un rapport sur la question. Ce «travail de réflexion mémorielle sur la colonisation offre un nouvel éclairage sur les circonstances des ‘’captations patrimoniales’’ et la spécificité du patrimoine africain», ajoute l’Elysée.
jeuneafrique.com

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