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Avec le combat choc entre Balla Gaye 2 et Modou Lô, la lutte est au centre de l’attention. Depuis le 20 décembre 2018, et ce jusqu’au 28 janvier 2019, la Galerie du fleuve de l’Institut français de Saint-Louis met en exergue toute la richesse de cette pratique culturelle très ancienne de notre pays à travers l’exposition collective de six artistes sénégalais, intitulée «Roi des arènes».

La Galerie du fleuve de l’Institut français de Saint-Louis ne désemplit plus depuis le vernissage de l’exposition Roi des arènes. Amoureux de la lutte et férus d’œuvres d’art se bousculent quotidiennement pour contempler les belles œuvres produites respectivement par Ousmane Ndiaye Dago, Mamadou Ndiaye Thia, Cheikh Keïta, Pape Seydi, Balla Ndao et Moulaye Nassar Diop. Tous ces artistes de renom se sont réunis autour du thème de la lutte sénégalaise, (lamb en wolof), et du Roi des arènes. Ils ont peint les multiples facettes de la lutte sénégalaise, de son univers et de l’environnement du lutteur (mbeur en wolof) à travers différents médiums : photos, vidéos, peintures et sculptures. Selon Alioune Kébé, commissaire de l’exposition, ce travail de dévoilement qui viole l’intimité du lutteur pose un regard contrasté sur les aspects ésotériques de cette discipline, son charme et ses valeurs. Dans leurs œuvres, les artistes plongent dans la pénombre des séances d’entraînement et de préparation pour assister aux rituels mystiques, aux nombreux bains, aux incantations secrètes et les amulettes pour se prémunir des mauvais yeux et langues et se donner la victoire. Rien n’est laissé au hasard. Par moments, ce sont deux lutteurs en empoignade qu’on peut contempler sur un tableau ou par ailleurs dans une sculpture et parfois c’est tout l’arsenal mystique du lutteur qui est exposé dans un coin de la galerie où l’on peut aussi regarder la vidéo du célèbre lutteur guet-ndarien, Boy Guet-Ndar, simulant la préparation d’un combat. Le titre de  l’exposition Roi des arènes est révélateur et plein de symboles, selon Alioune Kébé qui en rappelle l’historique. «Ce titre mis en compétition en 1986, pour la première fois, par la Fédération de lutte sénégalaise fait l’objet de la plus haute convoitise chez les lutteurs. C’est une distinction honorifique que l’on acquiert par de nombreuses années d’invincibilité, de victoires époustouflantes, une belle carrière et un riche palmarès. Si la lutte a pu se hisser au rang de sport national, c’est en grande partie dû au fait qu’elle conserve des pans importants de la culture sénégalaise. Et malgré les assauts du temps et de la modernité, elle conserve son fond culturel traditionnel, à travers les bakk (chants de griots), touss (danses des lutteurs), les costumes et les valeurs sociétales de courage, de bravoure de persévérance et d’humilité», rappelle le commissaire. Des valeurs et coutumes qui, selon un des exposants, l’artiste-peintre Mama­dou Ndiaye Thia, doivent être conservées afin de permettre à la lutte sénégalaise de garder toute son originalité. Il invite d’ailleurs le Comité national de gestion (Cng) de la lutte à travailler en ce sens, en évitant les nombreuses réformes et en incitant les lutteurs à revenir aux vraies valeurs de la lutte.
cndiongue@lequotidien.sn

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