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Dans le cadre de la 2e édition du projet «Keur design», un vernissage est prévu à la galerie Le Manège le 3 décembre. Cette année, l’aventure a pris une nouvelle ampleur parce qu’étant mise en place par le cluster Eunic Sénégal, avec le soutien de la délégation de l’Union européenne.

Nous sommes au Centre de formation artisanale de Dakar (Cfa) qui se trouve au complexe Maurice Delafosse. Un établissement public de formation professionnelle qui évolue spécifiquement dans le secteur de l’artisanat. Dans les espaces de créativité, stylistes, designers, vanniers, ferronniers etc., venus de divers horizons, sont en train de partager des expériences. Ici, l’artisanat d’art se mélange au design pour apporter une amélioration aux objets utilitaires. Bineta Seck, styliste et accessoiriste, a fait une formation en couture dans ce même centre et poursuit ses études pour faire du stylisme. Dans un grand atelier, elle est en train de faire une robe en perles. Mme Seck est souvent assistée par Lidia Muro Redondo, créatrice espagnole, ou par Quentin Vuong, designer venu de France. «On fait le travail en commun ou en individuel. On va juste demander leur avis pour qu’ils nous orientent et nous incitent à mieux faire notre travail», explique-t-elle. Son travail, ainsi que celui des autres artisans, seront exposés lors du vernissage prévu le 3 décembre 2019 à la galerie Le Manège. Une exposition qui entre dans le cadre de la 2e édition du projet «Keur design». Plus loin, dans un autre atelier, s’est installé Mamadou Keneme, fondateur de l’atelier de tissage La navette d’or. Initié par son oncle au métier à tisser traditionnel pulaar, M. Keneme poursuit sa formation. Cette fois-ci, il acquiert de nouvelles pratiques avec l’apport de designers européens que sont Ana Maria Gomez, Samira Boon et Lidia Muro Redondo. Le lourd matériel que Mamadou Keneme utilise est diffèrent de celui que l’on voit habituellement chez les tisserands traditionnels sénégalais, établis dans les allées de Colobane. «Nous faisions de petites choses. Les matériaux que l’on utilisait ne permettent que la fabrication de pagne pour les femmes et de grand-boubou traditionnel pour les hommes. Désormais, avec l’utilisation d’une machine qui a une plus grande largeur, on peut tout faire : habillement, ameublement, accessoire, avec des motifs très variés», dit-il. Ils sont 16 Sénégalais à participer à cette seconde édition de «Keur design», un programme d’ateliers réunissant des artisans, des designers et des créateurs européens et sénégalais dans le but d’échanger des savoir-faire, des expériences et d’accompagner la professionnalisation du secteur du design au Sénégal. Un exemple de coopération, mais aussi d’échange mutuel de savoir-faire. Ainsi, les créateurs repensent la forme et l’usage des objets traditionnels et leur utilisation contemporaine.
Cette édition du projet «Keur design» est mise en œuvre par le cluster Eunic Sénégal, avec le soutien de la délégation de l’Union européenne. Workshop, production d’objets par les artisans et les designers, et expositions sont au menu du programme. Elle a débuté depuis le 18 novembre pour prendre fin ce samedi au Centre de formation artisanale de Dakar (Cfa), en attendant le vernissage du 3 décembre à la galerie Le Manège, afin de présenter le travail qui a été mené.

Une conservation du patrimoine culturel artisanal sénégalais
C’est un pan de notre aspect culturel, selon le directeur général du Centre de formation artisanale (Cfa) Lamine Barro. «Cela permet de conserver le patrimoine culturel artisanal sénégalais parce que ces métiers (bijouterie, cordonnerie…) ont été là depuis toujours. Ce centre est là pour enseigner ces métiers en y apportant une touche de modernité», a-t-il affirmé en marge d’une conférence de presse organisée ce jeudi. Avant de se prononcer sur l’aspect économique. «Ce sont des métiers à fort potentiel de création d’emplois et qui contribuent donc à l’économie de par la création de richesses», dit-il. Et d’ajouter : «Il y a aussi des métiers connexes qui se développent. L’objectif c’est de créer plus tard des unités qui permettront de démultiplier les unités de production.»
«Keur design» a vu le jour l’année dernière. Au début, il n’y avait que deux pays. Le Goethe institute (Allemand) et l’Institut français du Sénégal dans le cadre du Fonds culturel franco-allemand avec le Centre de formation artisanale. Cette année, le projet s’est agrandi avec la participation de 8 pays de l’Union européenne (Pays-Bas, Allemagne, Autriche, Italie, Wallonie-Bruxelles, Portugal, Espagne, France).

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