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Le Marché des arts et du spectacle d’Abidjan (Masa) se déroule dans la capitale ivoirienne du 7 mars dernier au 14 mars 2020. Cette année, plusieurs artistes sénégalais participent à ces rencontres, l’Orchestre national, Hervé Samb, Issa Mbaye Diary Sow, Moonaya, entre autres.

La salle François Louga du Palais de la culture Bernard Dadié de Treichville a abrité le vendredi 7 mars la cérémonie d’ouverture officielle du Masa. C’est un début qui rassure, comparativement à l’édition 2018 où le public n’était pas au rendez-vous du début à la fin. Le public a eu droit a un spectacle éclectique qui illustre le thème de cette année, «Afrique-monde, une ouverture vers le reste du monde», avec des échassiers du Togo, l’Orchestre polyphonique de l’Insaac d’Abidjan, l’Or­chestre national du Sénégal et la Compagnie Wang dance de Taïwan. C’était sous la présidence effective du vice-président de la Côte d’Ivoire Daniel Kablan Duncan. Dans son allocution, il a mis l’accent sur le retour depuis 2014 du Masa dans l’agenda culturel du continent africain. «Le Masa a été relancé pour le dialogue des cultures, la préservation et la consolidation de la paix. C’est une vitrine pour la création contemporaine et son ambition, c’est de continuer à nourrir les valeurs humaines universelles», a-t-il dit avant d’ajouter en s’appuyant sur les rapports de l’Institut national des statistiques qu’en 2012, «la contribution des arts et de la culture sur le Pib de la Côte d’Ivoire était de 2,43%. Depuis 2018, nous sommes à 4%». Pour terminer, Daniel Kablan Dunkan a demandé la prise en compte effective des arts et de la culture dans les analyses économiques globales des pays du continent. Avant lui, le ministre de la Culture et de la francophonie de la Côte d’Ivoire, Maurice Kouakou Bandama, avait rappelé que l’actuel vice-président a toujours été aux côtés du Masa. «Le Masa est un legs patrimonial que nous devons préserver précieusement puisque depuis toujours l’Afrique est l’inspiratrice du monde», a martelé Maurice Bandama.
Le commissaire général du Marché des arts du spectacle d’Abidjan, Yacouba Konaté, est revenu sur les raisons qui ont été déterminantes dans le choix du Canada comme invité d’honneur. «C’est un pays qui a une riche histoire sur le plan culturel. C’est aussi un pays qui respecte les droits des diasporas et des Nations autochtones», a-t-il dit avant de rappeler le programme global qui intègre l’hommage à Rose Marie Gui­raud, la première chorégraphe de Côte d’Ivoire. La cérémonie d’ouverture a été suivie par la parade dans la commune d’Anoumabo avec près de 2 000 danseurs, acrobates et marionnettistes. Pour les Abidjanais, jamais on a vu autant de monde pour un spectacle de rue.

Le Sénégal joue sa partition
C’est par la musique que le Sénégal est entré dans la 11e édition du Masa. C’était ce dimanche 8 mars au Palais de la culture Bernard Dadié de Treichville avec l’Orchestre national qui a donné le ton à la salle Anou­mabo. En 30 minutes, Sanou Diouf au saxophone, Doudou Konaré à la guitare, Alassane Cissé à la basse, Chérif Alassane au piano, Sidy Kouyaté à la batterie et au balafon et Lamine à la trompette ont proposé un répertoire segmenté en trois tableaux. Deux titres issus d’ateliers musicaux dont Niani, une fusion de musique traditionnelle et de sonorités modernes.
Ensuite, il y a eu la composition classique et patrimoniale ouest africaine Mansani Cissé dans un format long avec des cuivres déchirants. L’agres­sivité était palpable au niveau de tous les instruments, un charme musical apprécié par le public. La dernière partition était un répertoire de musique afro cubaine. D’ailleurs, si tous les titres étaient des instrumentaux, la dernière pièce était vocalisée. C’était Diamoral, chanté en diola par Adolphe Coly.
La cadence a été maintenue puisque juste après, à l’espace lagunaire, Hervé Samb était sur scène avec son orchestre pour proposer du jazz sabar, accompagné par son musicien fétiche Ndiaw Macodou, ancien batteur du groupe Waflash. C’est Alpha Dieng, le fils de feu Ndiouga Dieng, qui était au chant.
La dernière intervention scénique sénégalaise était l’œuvre de Touré Kunda qui a retrouvé la scène abidjanaise, 36 ans après le concert de la tournée ouest africaine de décembre 1983. Sixu Tidiane était seul sur scène, Ismaël Touré, souffrant, n’a pas effectué le déplacement. Pour ce concert, le Touré Kunda a proposé de vieux titres comme Casa­dimansa, Saliya et Fodinké. Ce lundi, le joueur de riti Issa Mbaye Diary Sow et la compagnie de danse 5e Dimension de Jean Tamba sont attendus. Les 11 et 13, ce sera au tour du Djaram art et de la rappeuse Mounaya, sans oublier Yanni et le slameur Rahim Ahmada.
Correspondance particulière

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