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Pendant des années, les prétendants à un atelier au Village des arts ont dû prendre leur mal en patience. Dans cet espace aménagé au profit des artistes, les places se transmettaient de père en fils. Rares sont les artistes qui ont rendu les clés de leur atelier au bout des trois ans d’occupation autorisés. Avec le lancement du projet de réhabilitation du village, le ministre de la Culture et de la communication met fin à une situation d’exception.

La rénovation du Village des arts est un projet longtemps attendu par le monde des arts. Après des années de gestion controversée, le ministre de la Culture et de la communication a sonné la fin de la recréation. En visite de travail sur les lieux hier, Abdoulaye Diop a fait le tour de certains ateliers d’artistes pour annoncer le lancement du projet de réhabilitation du site. «Cette innovation et cette modernisation sont aujourd’hui rendues possibles grâce à l’accord de partenariat entre le ministère et l’Ong Osiwa», indique M. Diop. Evoquant la réfection du site, le ministre de souligner que les travaux vont durer 18 mois et vont mobiliser une enveloppe de 165 millions de nos francs. «Il est aujourd’hui nécessaire et salutaire de prendre des mesures de réfection, d’innovation et de modernisation pour assurer la pérennisation de cette plateforme de développement des arts visuels qu’est le village des arts», a dit le ministre de la Culture et de la communication qui souligne que le projet de rénovation va aboutir «à la  consolidation d’un foyer de rayonnement et à un centre  de  diffusion pluridisciplinaire  inclusif dédié aux arts visuels».
Le nouveau projet du Village des arts comportera ainsi, annonce le ministre, un théâtre de verdure de 800 places et un incubateur de projets culturels pour les entrepreneurs. Un comité sera mis en place, selon le ministre Abdoulaye Diop, pour le suivi des travaux de rénovation du Village des arts et la mise en place d’un mécanisme de gestion. Ce comité sera composé d’artistes, d’institutions partenaires et de membres de la Société civile.  Louant  les efforts de la Fondation Sonatel, qui a financé la réfection de la galerie du Village des arts avec une enveloppe de 60 millions  de nos francs, le ministre de la Culture souligne qu’il s’agit, à travers ce projet de rénovation, de donner au Village des arts sa vocation première qui est «celle d’une vitrine de notre création contemporaine ouverte à toutes les formes d’expression et à toutes les générations».
Au départ, ce sont les ouvriers chinois en charge de la construction du stade Léopold Sédar Senghor qui logeaient sur le site. A cause des «contraintes sociales et économiques, certains artistes en ont fait un site de résidence», explique le ministre de la Culture.
Zulu Mbaye est le président de l’Association des artistes du village. Devant le ministre, il s’est félicité de l’initiative prise de réhabiliter le site. Seulement, les résidents ont tenu à faire entendre leurs points de vue. C’est ainsi que Zulu Mbaye plaide pour que les artistes soient associés audit projet. «Ça ne doit pas être seulement un patrimoine en béton et en fer», argumente le président de l’Association des artistes qui laisse entendre que ce ne serait que bénéfique si «les décisions architecturales peuvent intégrer les idées des artistes». L’autre chose réclamée par les artistes, c’est d’être davantage soutenus par l’Etat pour concrétiser leur projet culturel. «On est sur une mine d’or. Mais on n’a pas les moyens de creuser cette mine. Cet acte de creuser cette mine d’or demande un accompagnement de l’Etat», souligne Zulu Mbaye.

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