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L’accès à un système d’assainissement est un droit humain, au même titre que le droit à l’éducation ou à la santé. Pourtant à ce jour au Sénégal, plus d’une personne sur deux n’a pas accès à des services d’assainissement adéquats. Une situation qui préoccupe l’Ong Eau-vie-envi­ronnement (Eve) et ses partenaires de la plateforme des Ong sur l’assainissement qui ont mis en œuvre une initiative de plaidoyer dénommée «Mobilisation des acteurs locaux pour l’assainissement et la gestion des boues de vidange». Une initiative qui, selon Mouhamadou Lamine Seck, entre dans le cadre du projet pour la valorisation et la régulation de l’assainissement en Afrique. Il s’agit en effet, selon ce membre de l’Ong Eve, d’un projet qui a pour objectif «de voir les possibilités d’élargir les compétences des collectivités territoriales en matière d’assainissement et de gestion des boues de vidange parce que jusqu’à présent, cette compétence n’est pas transférée». Alors qu’au même moment, «les collectivités locales font beaucoup d’interventions en matière d’assainissement. Et nous voulons aller dans le sens d’officialiser ces interventions pour leur permettre d’avoir beaucoup plus de possibilités d’intervenir en ce sens». Egalement, ajoute M. Seck, «le projet vise aussi à moduler les comportements citoyens vis-à-vis des infrastructures et des ouvrages d’assainissement parce qu’il y a énormément de problèmes d’assainissement qui ne sont pas liés à des infrastructures, mais aux comportements des citoyens». Il donne l’exemple des citoyens «qui jettent des ordures dans les canalisations de drainage des eaux de pluies». Il indique qu’«il y a une responsabilité citoyenne qu’il faut interroger pour permettre de moduler ces comportements pour aller dans le sens d’améliorer la situation de l’assainissement au Sénégal». Selon M. Seck «on a un objectif politique, mais aussi un objectif de sensibilisation des citoyens pour avoir un bon comportement vis-à-vis de l’assainissement». S’agissant de l’objectif politique, il indique que «nous faisons un plaidoyer pour inviter les décideurs à améliorer la décision politique». A l’en croire, «l’Etat a lui tout seul ne peut pas prendre en charge toutes ces questions, mais il y a les communes qui peuvent faire quelque chose. Et elles sont confrontées à des contraintes légales. Les communes n’ont pas la compétence transférée ; donc elles ne peuvent pas mettre des ressources sur l’assainissement. Il s’agit maintenant pour l’Etat de faire des ouvertures pour leur permettre de prendre le relais afin qu’elles puissent faire au moins de petites activités d’assainissement au niveau local pour améliorer le taux d’accès à l’assainissement». Selon Mouhamadou Lamine Seck, «le taux est encore faible au Sénégal. Il est de 48%. Donc il y a au moins 52% de Sénégalais qui n’ont pas un accès correct à l’assainissement». A sa suite, le coordonnateur régional de la Coalition nationale des Ong et associations en faveur de l’enfant, Ababacar Mbacké Diop, salue l’initiative de plaidoyer d’Eve, car «le problème de l’assainissement est trans­versal parce que qui dit assainissement dit santé, hygiène et économie. Et sans un bon assainissement, cela peut freiner le développement du pays». Il pense que «nos localités sont confrontées à des problèmes d’assainissement dus à la vétusté ou à l’absence totale du réseau, mais également au bourrage des réseaux de canalisation». Selon lui, «le projet vient à son heure pour booster la populations à avoir un comportement citoyen pour décanter la situation».
nfniang@lequotidien.sn

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