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Plus de la moitié des Sénégalais (65%) n’ont pas accès à des toilettes adéquates. Pour corriger ce manquement, l’Onas va élargir au niveau national, le Programme national de développement durable de l’assainissement autonome (Pnddaa).

65% des ménages sénégalais n’ont pas accès à des toilettes adéquates au Sénégal. L’infor­mation a été donnée hier par le Directeur général de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas). «On parle de toilettes et de dispositif d’accompagnement comme celui de lavage des mains», a dit Lansana Gagny Sakho.
Pour démocratiser l’accès aux toilettes, l’Onas, qui avait un programme pilote financé par la fondation Bill et Milinda Gates et qui a montré ses preuves, compte passer à l’échelle nationale le Programme national de développement durable de l’assainissement autonome (Pnddaa).
Ce programme dont les grandes lignes ont fait l’objet de partage hier, au cours d’un atelier, entre dans le cadre de la politique d’amélioration des conditions de vie des Sénégalais. Il s’agit pour les acteurs de voir comment accélérer les politiques d’accès à l’assainissement essentiellement dans les centres périurbains et en milieu rural. «Il y a deux types d’assainissement, l’assainissement collectif et l’assainissement autonome qui est une innovation majeure en matière de politique d’assainissement et qui va permettre à un plus grand nombre d’avoir accès à des toilettes», a indiqué Lansana Gagny Sakho.
Saluant l’investissement de l’Etat dans l’assainissement, «300 milliards de francs Cfa», M. Sakho souhaite cependant, une forte implication du privé national dans ce secteur. «On multiplie les ouvrages depuis 1996, il faut qu’on change d’orientation stratégique. Le deuxième axe sur lequel nous devons nous engager c’est impliquer le secteur privé et naturellement, nous faire accompagner par le secteur bancaire», recommande-t-il.
Parmi les défis à relever pour assurer l’assainissement à tous, figure le changement de comportement des Sénégalais, d’après le Directeur général de l’Onas. «Le Sénégal est sur des budgets très importants : 300 milliards de francs Cfa, qu’est-ce que nous allons faire de ces ouvrages après, c’est cela le défi le plus important», estime-t-il. Lansana Gagny Sakho pense par ailleurs, qu’il faut rééquilibrer les choses pour assurer l’assainissement qui a un coût.

Moins de 15% de redevance pour l’Onas sur le prix
de l’eau
«Quand on parle d’eau en général, on pense à eau potable, alors eau c’est aussi l’assainissement… l’Onas a moins de 15% de la redevance sur le prix de l’eau, je pense qu’il faut rééquilibrer les choses. En Tunisie c’est 50/50. Il faut donc rééquilibrer les choses, revoir la part de la Sones et celle de l’Onas», a plaidé M. Sakho. De zéro investissement en 1996, sa société est aujourd’hui à des investissements multipliés par 20. «Il y a un travail de fond à faire pour revoir la part de l’Onas avec la réforme de l’hydraulique en cours. C’est ça qui nous permettra d’équilibrer et c’est ça qui permettra de maintenir les ouvrages et à assurer leur pérennité».
L’Etat en partenariat avec la Banque mondiale a un programme de construction de 100 mille toilettes d’ici 2021. «Dans ce projet nous privilégions l’accès aux populations démunies. Nous sommes en train d’y avancer, nous allons faire un focus sur le prix auquel ces toilettes seront cédées aux populations. L’accès aux toilettes va être plus facile avec les nouveaux programmes», dira Mouhamadou Guèye, directeur du programme de structuration du marché des boues de vidange de l’Onas.
ksonko@lequotidien.sn

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