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Le communiqué de l’Apr sur la sortie de Aliou Dembourou Sow est «timide». En lieu et place, Toussaint Manga propose une sanction. Son camarade du groupe de l’opposition, Cheikh Mbacké Bara Dolly, continue d’exiger l’audition des anciens ministres en charge des inondations.

Aliou Dembourou Sow était là hier, mais sa présence à l’ouverture de la session ordinaire unique n’a pas pesé sur l’ambiance à l’Hémicycle. Assis confortablement au dernier rang, il ne s’est pas gêné de faire des allers et retours pour discuter avec ses collègues avant le démarrage des travaux. Le visage masqué, il se lève pour aller voter à chaque fois que son nom est appelé. En regagnant sa place, il tapote certains et parle à d’autres. A la fin de la session, il disparaît tout doucement à l’abri des micros et caméras. C’est dans le hall de l’Assemblée que le responsable de l’Apr, qui avait appelé à user de machettes contre les anti-3ème mandat de Macky Sall, était le sujet dominant. Toussaint Manga, qui attendait une «sanction» plutôt qu’un «communiqué timide» du parti présidentiel, estime qu’on doit «comprendre que le débat du 3ème mandat est engagé à l’Apr officieusement». Pour le député libéral, le Président Sall est «d’accord qu’il veut faire un 3ème mandat» puisque «les militants qui sont contre ont été sanctionnés» alors que «ceux qui sont pour ont été promus». Il constate, pour le regretter, qu’avec le député de Ranérou, le communiqué de l’Apr publié mardi «n’était pas à la hauteur de la gravité des faits». Dans les rangs de l’Apr, l’on renvoie les journalistes au communiqué du parti, la veille, qui «regrettait» les «propos inacceptables et inopportuns» de l’homme de Ranérou. «Vous en serez informés dès qu’il y aura quelque chose», a répondu, laconique, Abdou Mbow, après la session. A l’intérieur, le président de l’Assemblée nationale a compris la pression des opposants pour évoquer l’affaire Aliou Dembourou Sow. Moustapha Niasse n’en pipera pas un mot.

Cheikh Bara Dolly : «La mission d’information n’a pas une base légale»
En revanche sur l’audition d’anciens ministres sur la gestion des inondations, il répondra : «L’Assemblée nationale doit respecter le principe de la séparation des pouvoirs. Elle doit coopérer avec l’Exécutif et le Judiciaire. Elle ne peut convoquer des personnes sur des questions judiciaires en dehors des procédures prévues dans le Règlement intérieur. L’Assem­blée nationale sait ce qu’elle doit faire et personne ne lui dictera ce qu’elle doit faire.» Une mise au point que Cheikh Bara Dolly Mbacké ne comprend pas. Pour le président du groupe de l’opposition, le fait de convoquer d’anciens ministres qui ont eu à gérer le problème des inondations est une des prérogatives de l’Assemblée. L’institution avait décidé de mettre en place une mission d’information sur la question. Mais pour le député du Pds, cette mission «n’a pas une base légale». Cheikh Bara Dolly Mbacké estime plutôt que le président du Bureau devait les mandater par écrit comme le stipule l’article 49 du Règlement intérieur. «Ils vont aller se promener dans le Sénégal mais leur travail n’a pas de base juridique. C’est évident qu’ils ne veulent pas que la lumière soit faite sur cette question», a-t-il conclu.

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