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Les nouveaux statuts de l’Association sénégalaise des éditeurs (Ase) votés, selon sa présidente lors d’une Assemblée générale extraordinaire, ne trouvent pas l’accord de certains membres. L’article qui stipule qu’il y a «incompatibilité» d’être membre de l’Association des éditeurs lorsqu’on assume des charges au niveau du bureau de l’Association des écrivains pose problème pour certains. Deux camps se sont formés et défendent chacun leur position. Le camp de Antoinette Fall Correa et celui de Alioune Badara Bèye.

L’Association sénégalaise des éditeurs(Ase) est divisée sur les nouveaux statuts de la structure. En Assemblée générale hier, à la Maison de la culture Douta Seck, ces membres ont montré leur divergence sur certains points du texte. L’article qui «gêne» le plus est celui qui refuse désormais à un membre du bureau de l’Ase d’être en même temps membre du bureau de l’Association des écrivains du Sénégal. Pour Alioune Badara Bèye qui se sent sans doute visé en tant président de l’Association des écrivains du Sénégal, il s’agit là d’un article «d’exclusion». Un avis que ne partage pas la présidente de l’Ase.
Revenant sur le déroulement de l’Assemblée générale extraordinaire, Antoinette Fall Correa, présidente de l’Ase, a déclaré que le texte «a été mis au vote. Et l’Assemblée a voté. Nous étions 30 personnes, 27 ont voté. C’est comme ça et vous ne pouvez pas le changer aujourd’hui, je regrette monsieur», a-t-elle fermement dit à Alioune Badara Bèye lors de la rencontre d’hier. Ce dernier a soutenu le contraire. Selon lui, «on n’a jamais voté pour cette décision. Madame, je suis à l’aise pour vous répondre. Parce que ce que vous insinuez-là ne me  concerne pas (….) Ce que vous dites, ce sont des histoires. C’est un manque cruel d’ouverture (…) Il n’y a pas d’incompatibilité(…) Il n’y avait pas eu d’accord», réagit-il en pleine séance.

Suivre le modèle du fonds d’aide à la presse
Pour son confrère et  allié sur cette question, Seydi Sow , «il y a un coup de force qui veut être tenté par certaines personnes au niveau de l’Association des éditeurs». A l’en croire, les discutions ont tourné autour des textes lors d’une journée de réflexion et non durant une Assemblée générale. Il précise: «C’est exactement qui s’est passé, on a lu article par article. Et on a approuvé dans son ensemble, l’essentiel des articles. Mais il y a eu au moins trois articles qui n’ont pas été approuvés.» «On attendait qu’un comité puisse revoir les statuts et tenir compte des amendements et maintenant revenir avec ces statuts renouvelés au niveau de l’Assemblée qui a la seule prérogative d’approuver ces statuts-là. Mal­heureuse­ment cela n’a pas été fait», soutient M. Sow.
Autre sujet qui a été évoqué lors de cette rencontre, c’est le mode de distribution du Fonds d’aide à l’édition. Pour Amadou Lamine Sall, «ce fonds d’aide à l’édition serait performant, beaucoup plus performant encore s’il était distribué sur le modèle du fonds d’aide à la presse qui va aux entreprises de presse et non pas aux journalistes». M. Sall clarifie son idée : «Le fonds d’aide à l’édition devait sur le même modèle aller aux entreprises éditoriales et non aux écrivains à la fois, aux libraires, aux imprimeurs et servir également à des missions». Pour d’autres, il y a un combat à mener. Ce combat, disent-ils, est de faire en sorte que la production puisse être consommée sur place. Sur ce point, certains estiment que l’Ase doit bénéficier d’un quota sur le marché scolaire. La question liée à la piraterie a également été au menu des discussions.
msakine@lequotidien.sn

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