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L’Assemblée nationale examine aujourd’hui le projet de loi portant révision de la Constitution. En cas d’adoption, le poste de Premier ministre va disparaître et le président de la République sera maître de tous les pouvoirs. Des mouvements citoyens comptent tenter un «4 mai» comme un 23 juin. Mais ça risque de finir comme le 19 avril 2018, lors du vote de la loi sur le parrainage.

Le poste de Premier ministre vit ses dernières heures. Ce sera aussi les premières retrouvailles entre les députés de la majorité et de l’opposition après la Présidentielle du 24 février 2019. Depuis l’annonce de cette réforme, du reste controversée, le débat fait rage entre pouvoir et opposition, mais aussi entre juristes. S’il est vrai que le texte peut passer «comme lettre à la poste», comme promis par le président du groupe parlementaire de la majorité, l’opposition dénonce une initiative «unilatérale» qui n’a jamais été dans le projet de société du candidat de Benno bokk yaakaar. Voilà qui présage des joutes orales comme on en a déjà connu. Mais y aura-t-il un «4 mai» comme un 23 juin ? Peu probable ! L’opposition, groggy depuis le 24 février, a réagi tardivement sur la question. Et, disons-le, mollement. La société civile n’y voit pas tout à fait d’inconvénient, même si elle a dénoncé une décision qui fausse le dialogue annoncé par le chef de l’Etat. Alors, les mouvements citoyens comme la Cos/M23, One million march, Forces démocratiques du Sénégal, Vision citoyenne, et Frapp France dégage appellent à manifester devant l’Assemblée nationale demain. Y en a marre qui était annoncé dans ce front ne serait pas intéressé par cette mobilisation, selon certaines indiscrétions.
Dans tous les cas, Le Quotidien a appris que l’Etat a pris des mesures préventives et dissuasives pour étouffer toute tentative de troubles à l’ordre public. Qui plus est, l’arrêté Ousmane Ngom sortira encore pour non seulement rappeler les motifs de l’interdiction, mais aussi éloigner les éventuels manifestants. Dans ce sens et sans doute pour éviter toute mauvaise surprise, les services de Moustapha Niasse ont, de leur côté, informé que «pour des raisons de sécurité, l’accès à l’Assemblée nationale sera réglementé» ce samedi 4 mai 2019 et que «seuls les journalistes détenteurs de la carte de presse» pourront y accéder. Ce devrait être le modus operandi du 19 avril 2018, lors du vote de la loi sur le parrainage. Les Forces de l’ordre avaient dispersé des rassemblements dans les différents quartiers de Dakar et des leaders de l’opposition et de mouvements citoyens avaient alors été arrêtés et libérés au petit matin.
Cette réforme constitutionnelle consacrera un régime présidentiel avec un pouvoir rationnalisé comme indiqué dans l’exposé des motifs. Tout partira du président de la République et reviendra à lui. Ou à la Présidence avec son secrétaire général. En revanche, il n’aura plus le droit de dissolution de l’Assemblée et celle-ci n’aura plus le pouvoir de faire tomber le gouvernement, ce qu’on appelle la motion de censure. Deux nouveautés : le gouvernement est composé de ministres et de secrétaires d’Etat. Le député peut reprendre son mandat après cessation de ses fonctions ministérielles.
hamath@lequotidien.sn

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