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La loi portant sur la criminalisation du viol et de la pédophilie a été votée hier à l’unanimité. Les députés ont salué cette réforme, tout en insistant pour qu’elle soit appliquée.

C’est un grand pas qui vient d’être franchi dans la lutte contre les violences sexuelles. Vieille doléance des organisations féminines, le viol et la pédophilie sont désormais considérés comme un crime au Sénégal. Le projet de loi n° 20/2019, modifiant la loi n° 65-60 du 21 juillet 1965 portant criminalisation du viol et de la pédophilie, a été voté hier à l’unanimité. Avec cette réforme, il est prévu «des sanctions pouvant aller jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité». De même que «l’institution de peines-plancher ou peines fixes pour le délit aggravé même lorsque le juge retient des circonstances atténuantes au bénéfice de l’auteur des faits». Lors des débats, il a été reconnu que cette mesure vient à son heure. Dans le rapport de la commission, il est fait état, selon «les données statistiques fournies sur ce phénomène, de plus de 4 000 femmes violées sur la période 2016-2019». Cheikh Tidiane Gadio, lors de cette séance, a insisté sur les conséquences désastreuses du viol qui, selon lui, «était appelé injustement délit dans notre Code pénal». Se réjouissant de cette décision, le député a fait savoir qu’il y a urgence à faire un «mea culpa national». Selon lui, «le viol avec ou sans acte de barbarie, de torture, doit être perçu comme étant l’épicentre de la crise mondiale des agressions et violences les plus fréquentes contre les femmes. C’est un véritable crime abject aux conséquences tragiques incontestables». Poursuivant ses propos, M. Gadio souligne que «le viol, en plus d’être un acte sexuel violent, est malheureusement presque accepté par la fabrique sociale de notre pays puisqu’il est perçu comme un accident regrettable, fréquent, banal, une honte pour la famille de la victime à cacher très vite comme un secret de famille absolu». Partant de ce constat, il soutient que «le mea culpa national est une urgence, il n’y a pas de honte à le faire». Abondant dans le même sens, Sokhna Dieng Mbacké a fait savoir que c’est une étape qui vient d’être franchie. Mais pour elle, «ce n’est pas tout». D’après Mme Mbacké, il faut voir «comment agir en amont pour la protection des femmes et des enfants». Selon elle, il faut aller plus loin parce que «la criminalisation ne réglera pas tous les problèmes». A l’en croire, il a été constaté que «plus on criminalise plus les gens sont enclins à faire des crimes». Aïda Mbodj a, quant à elle, insisté sur la nécessité de prendre des mesures pour l’application des lois. C’est aussi l’avis de la députée Awa Guèye qui souhaite que cette loi ne soit pas juste une de plus. Mais une loi qui sera appliquée. Abdou­laye Baldé a tenu à préciser dans les échanges que «cette loi va au-delà du viol et de la pédophilie. Elle réprime les harcèlements sexuels et les attentats à la pudeur». Selon lui, il faut également insister sur le fait que «cette loi est générale». Ainsi, d’après M. Baldé, «il est important qu’une communication soit instaurée» pour expliquer qu’elle n’est pas «faite pour une partie de la population contre l’autre».

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