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Les urgences sont… aux urgences depuis hier à Dakar où praticiens, autorités, personnels de santé, patients, usagers, acteurs des secteurs déconcentrés de l’Etat, élus locaux ont ouvert pour trois jours les assises sur la prise en charge des urgences. Ces premières concertations, placées sous le thème «Amélioration de la prise en charge des urgences», vont servir de cadre pour discuter du plateau technique, des ressources humaines, en passant par les médicaments et les infrastructures afin de dresser une feuille de route «réaliste et réalisable».

Au Sénégal, 76% des structures hospitalières disposent de Service d’accueil des urgences (Sau). Parmi ces Sau, 94% ne sont pas aux normes, note le président de l’Union des associations des élus locaux (Uael). «Le diagnostic est le même au niveau des centres de santé où 39% seulement disposent d’unité d’accueil des urgences aux normes», a déploré Fiacre Coly à la cérémonie d’ouverture des assises sur la prise en charge des urgences hier. «De manière générale, nos structures de santé souffrent d’un manque criard de personnes techniques spécialisées et d’équipements appropriés», s’est lamenté M. Coly qui a suggéré à l’Etat du Sénégal de renforcer le Samu national par rapport aux moyens logistiques, mais également les Sau régionaux existants pour les mettre en norme en termes de formation de médecins urgentistes et en nombre suffisant.
Le président de l’Uael a en outre invité les autorités et séminaristes à réfléchir sur le mode de financement des urgences en mettant fortement à contribution la Couverture maladie universelle (Cmu), les assurances, la Rse, mais aussi mettre en place des stratégies d’accueil et d’évacuation régulière par la tutelle. S’y ajoutent l’amélioration du système de communication entre les structures à l’intérieur d’une région médicale, mais aussi la création d’unités d’accueil aux urgences dans les centres de santé.
«Toute insuffisance, tout manquement dans le binôme savoir-technologie rejaillit négativement sur la qualité des prestations qu’exige l’amélioration des états de santé de ceux qui s’adressent au système de santé», dira en écho Farba Lamine Sall. Le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (Oms) et des partenaires techniques et financiers recommande aux services de santé de soigner davantage leur communication et leurs relations avec les accompagnants des admis aux urgences qui ont besoin «non pas d’accéder au secret médical, mais tout simplement qu’on leur parle, qu’on les informe».
«Quotidiennement, la presse se fait l’écho des plaintes et récriminations relatives à la prise en charge des urgences et des situations que les Sénégalais vivent dans les structures sanitaires en général et les hôpitaux en particulier», a regretté le ministre de la Santé et de l’action sociale. Abdoulaye Diouf Sarr reconnaît : «Les investissements massifs au bénéfice des structures de santé n’ont toujours pas permis une prise en charge adéquate des patients en situation d’urgence.» Le ministre espère que ces premières concertations sur la prise en charge des urgences vont permettre d’identifier sans complaisance les forces et faiblesses du système et de proposer des solutions appropriées à même de mettre en place un système efficace de gestion des urgences répondant aux exigences et aux attentes des usagers.

60 médecins urgentistes et une trentaine en formation
Par ailleurs, le métier d’urgentiste, nouveau au Sénégal, fait son petit bonhomme de chemin avec plus de 60 médecins formés et une trentaine en formation. Cependant, il s’agit d’un diplôme universel et non pas une spécialité reconnue au Sénégal ; d’où le plaidoyer pour les praticiens de revaloriser ce métier de médecin-urgentiste. «Que la médecine-urgentiste soit reconnue comme spécialité médicale à part entière pour inciter les jeunes à s’intéresser à ce domaine qui va être très utile à l’amélioration des soins de santé», a expliqué Dr Mamadou Bèye, directeur du Samu national.

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