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Adjaratou Awa Aïdara risque de commencer sa Terminale avec beaucoup de retard. Pour avoir battu, lacéré et saupoudré la victime avec de la farine pimentée, cette élève de l’école Machalla comparaissait hier des chefs d’association de malfaiteurs, complicité de collecte et de diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs. La décision sera prononcée le 25 octobre prochain.

Qu’est-ce qui peut pousser une personne à vouer une haine viscérale à son prochain ? En tout cas, les actes posés par Adjaratou Awa Aïdara alias Eva sont inqualifiables et injustifiables. De manière gratuite, cette fille en classe de Terminale à Machalla, de connivence avec ses amies, a entraîné Adja Aminata Thiam dans une rue isolée pour la battre, la saupoudrer avec de la farine pimentée avant de la lacérer. Ce sont des filles dont l’une vient de sortir à peine de la minorité qui ont ourdi ce plan en entreprenant une expédition punitive à l’encontre de cette élève du Collège Sacré-Cœur.
Selon le prétexte avancé, la prévenue qui était seule à comparaître devant la barre, Adja Aminata Thiam aurait déclaré qu’elle et ses acolytes seraient des «putes». Et sans chercher à en avoir le cœur net, elle s’est entendue avec ses amies pour lui faire sa fête. Pour ce faire, elles ont préparé de la farine pimentée et des lames de rasoir. La veille, l’une d’elle, en l’occurrence Maria qui a l’habitude de communiquer avec la victime, l’a appelée par téléphone en l’invitant à venir à l’école le lendemain en robe. Alors que Adja Aminata Thiam était encore en cours, Adjaratou Awa Aïdara et ses acolytes ont pris toute leur patience pour attendre la plaignante jusqu’à la fin de ses cours. Elles l’ont entraînée dans un endroit peu fréquenté. Et c’est Adjaratou Awa Aïdara qui a ouvert les hostilités en la prenant par les greffages. Elles se sont ainsi acharnées sur Adja Thiam qu’elles ont sévèrement molestée. Les unes lui donnaient des coups de pied, les autres lui ont lacéré le corps avec des lames et d’autres la saupoudraient avec de la farine contenant du piment. Non contentes de leur traitement, elles ont déchiré ses habits en la laissant juste avec une petite culotte. Une scène qu’elles ont filmée avant de la publier sur l’internet via WhatsApp et sur le site Senporno.com. Cette mineure de moins de 17 ans n’a dû son salut qu’à l’intervention d’un passant. Elle a porté plainte contre ses bourreaux.
Hier, Awa Aïdara répondait des chefs d’association de malfaiteurs, complicité de collecte et diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs. Des faits que la prévenue a tenté de nier malgré leur évidence. «Je conteste», a-t-elle déclaré avant de revenir sur les faits : «Une amie du nom de Ndèye Ndiaye que j’ai connue par WhatsApp m’a dit que Adja m’a traitée de prostituée, avec toutes mes amies. Nous n’avions rien préparé quand nous devions la rencontrer. C’est Ndèye Marie qui a acheté une lame pour la bagarre. Quand Adja est venue me saluer, j’ai tiré ses cheveux et nous avons commencé à nous battre. Je lui ai donné un coup de pied», a-t-elle raconté en précisant n’avoir rien publié. A l’en croire, «c’est Mamadou Gana Cissé qui était dans la foule qui a publié la vidéo sur WhatsApp». Mise devant le fait accompli par le procureur, la prévenue a fini par avouer qu’elle a montré ces images aux membres de sa famille et les a envoyées aussi à deux de ses amies.

25 millions réclamés à l’élève en classe de Terminale
Ses dénégations sont battues en brèche par la victime selon qui Ousmane Kébé, qui se trouve en France, a dit avoir couché une fois avec Maria et Adjaratou Aïdara. Pourtant, la veille de cette histoire, elle a discuté avec Maria au téléphone qui lui a suggéré de porter une jupe le lendemain. «Quand je suis sortie de l’école, Eva avait une lame qu‘elle a passée à sa petite sœur. Elle a déchiré mes habits. Mohamed et autres étaient présents et l’encourageaient en me filmant sans rien faire. Ils m’ont dit qu’ils allaient publier la scène. Quelques jours après, j’ai vu la vidéo sur Senporno», a précisé la victime qui dit n’avoir jamais traité ces filles de pute. Ses amies, poursuit-elle, «m’ont dit que Adjaratou l’a fait par jalousie, car elle était amoureuse de Alain qui me courrait après l’année passée et que j’ai rejeté. Elles m’ont aussi dit que si cela ne suffisait pas de les rejoindre à l’école des Pères Maristes», a-t-elle ajouté. Selon son avocat, la prévenue n’avait raison de se venger d’elle. Même si sa cliente était l’auteur de ces paroles, les filles ne devaient pas se faire justice. Son statut d’élève en classe de Terminale ne saurait prévaloir, a-t-il souligné, en indiquant qu’elles voulaient ôter la vie à Adja. Pour la postérité, il a demandé d’infliger à Awa Aïdara une correction sévère avant de réclamer 25 millions en guise de réparation car, selon l’avocat, il suffit d’un clic sur le net pour voir la nudité de la victime à travers le monde. La défense a sollicité la clémence après les regrets de la prévenue. Elle sera édifiée sur son sort le 25 octobre.
justin@lequotidien.sn

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