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Isma Koundoul, infirmier d’Etat à la retraite, a été condamné ce lundi à 2 ans assortis du sursis par le Tribunal des flagrants délits pour avoir ordonné des analyses qui dépassent son domaine de compétence à des patients.

L’infirmier d’Etat à la retraite, Isma Koundoul, doit désormais faire attention. Après avoir échappé à la prison, il est prochainement certain que Dame justice ne se laissera pas faire. Le septuagénaire, marié à deux épouses et père de 12 enfants, a été condamné avant hier à 2 ans assortis du sursis par le juge des flagrants délits du Tribunal de grande instance de Dakar. Les chefs d’inculpation retenus à son encontre ont pour noms : association de malfaiteurs, complicité d’usurpation de fonction et d’escroquerie, complicité de faux et usage de faux en écriture privée. Son neveu, Ibrahima Koun­doul, a été reconnu coupable de tous ces délits et condamné à 2 ans dont 2 mois ferme.
Dans cette affaire, c’est l’institut Pasteur de Dakar qui a porté plainte pour avoir constaté que son logo était utilisé pour donner un caractère vraisemblable au faux. En effet, Isma Koundoul, après con­sultation de certains patients dans son cabinet paramédical, leur délivrait des bulletins d’analyse. Après établissement de la note médicale, le neveu rentre en jeu. Il effectue des prélèvements de sang pour ensuite établir des résultats «non fiables». Dans le document, il utilise le logo et l’entête de l’institut Pasteur de Dakar pour prouver que les résultats viennent de ce laboratoire de renom. Ce qui est «faux».
C’est le Professeur Ababacar Diaw qui a informé les responsables de l’institut Pasteur pour avoir remarqué que les résultats d’un patient mauritanien du nom de Mohammed Yahya sont loin d’être le travail d’un professionnel en la matière. Le malade serait atteint d’une impuissance et avait un délai pour se faire soigner au risque de perdre son épouse. Mal­heureu­sement pour lui, les conclusions livrées ne correspondent pas aux prélèvements. D’après les conclusions, «tout est normal» chez lui alors qu’il souffrait. Le même modus operandi a été utilisé pour flouer une autre patiente. Inter­rogé sur le lieu exact où les analyses ont été faites, le mis en cause, Ibrahima Koundoul, technicien de laboratoire de son état, a déclaré les avoir effectuées dans le laboratoire Rokhya Niang où il exerce.
Allégation qui a été battue en brèche par la dame Rokhya Niang, patronne dudit laboratoire, devant la barre. Con­trairement à son oncle qui a tenté de se justifier en par­lant d’une «volonté de bien faire», Ibrahima a reconnu les faits. Après avoir rappelé que les analyses demandées relevaient du domaine d’un urologue et d’un gynécologue, le procureur a qualifié les «prévenus de personnes qui manquent de conscience sociale et professionnelle». Le représentant du ministère public a requis 2 ans ferme contre Ibrahima Koundoul, 1 an à l’encontre de Isma Koun­doul. La partie civile a demandé que le franc symbolique lui soit alloué. «Le but de la plainte de l’institut Pasteur n’est pas de bâtir monnaie dans cette affaire, mais de dissuader ceux qui tenteraient l’aventure», peste Me Mansour Hann. Pour la défense, «les deux prévenus ont été tentés par le diable». Leurs avocats ont plaidé la clémence du Tribunal.
msakine@lequotidien.sn

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