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Les dames Adji Ndoye et Arame Diarra Fall ont inondé hier la salle d’audience de larmes après avoir reçu le glaive de la justice qui s’est lourdement abattu sur elles. Comparaissant pour association de malfaiteurs et vol en réunion, elles ont été condamnées à  2  ans dont 1 ferme. Adji Ndoye, mère de 10 enfants, et Arame Diarra Fall, mère de 5 enfants, ont fait du vol leur métier. Arrêtées une première pour les mêmes faits et condamnées à 6 mois ferme, elles ont encore remis ça à la veille du Magal de Touba. Elles s’étaient introduites dans la boutique de la partie civile avec deux autres femmes qui ont réussi à se faufiler entre les mailles de la police. «Quand elles sont entrées, elles m’ont dit qu’elles sont venues chercher des tissus pour le Magal. Les deux autres se sont arrêtées devant moi, au moment où celles-ci choisissaient les tissus. Mais en réalité, leur rôle était de me divertir pour permettre à leurs acolytes de subtiliser frauduleusement les tissus en les coinçant entre leurs jambes. Elles ont réussi à me voler 4 mètres de Diezner et la somme de 1 million 200 mille francs», a déclaré la plaignante qui s’est rendue au commissariat des Parcelles Assainies après avoir constaté le vol. Les prévenues avaient réussi à échapper à la vigilance de la partie civile, mais pas aux caméras de surveillance. Mais comme le criminel revient toujours sur les lieux du crime, après le Magal, les bonnes dames sont revenues au magasin qu’elles avaient fini de dévaliser il y a quelques jours. La plaignante n’avait pas éprouvé trop de difficultés à les reconnaître. «C’est ainsi que j’ai appelé la police qui est venue les arrêter», a-t-elle expliqué devant la barre.
Mais Adji Ndoye et Arame Diarra Fall ont toutes versé dans des dénégations systématiques. «J’ai acheté 7 mètres et 4 autres mètres dans ce magasin. Je n’ai pas volé», s’est défendue Adji Ndoye. Sa coprévenue ne s’est pas fait prier pour s’engouffrer aussi dans la même brèche. «Je n’ai pas volé les tissus», a-t-elle dit.
Des dénégations qui n’ont pas manqué d’irriter le procureur. «C’est pour vous protéger qu’on n’a pas visionné les vidéos, mais c’est vous qu’on a vu en train de voler. Vous êtes majeures et avez des enfants qui peuvent demain occuper des postes de responsabilités dans ce pays», leur a-t-il signifié. Estimant qu’elles sont en train d’emprunter un mauvais chemin, il a requis à leur encontre 5 ans ferme.
Selon Me Barro, il n’y a pas d’aveu encore moins de preuves tangibles pouvant attester leur culpabilité. «Est-ce que ce ne serait pas les deux femmes qui ont pris la poudre d’escampette et dont la partie a fait état», s’est interrogée la robe noire. Il a plaidé la relaxe, ne serait-ce qu’au bénéfice du doute. Un avis partagé par son confrère Iba Mar Diop. Mais le juge en a décidé autrement.
justin@lequotidien.sn

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