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Venu au Sénégal dans le cadre de la célébration des 60 ans de la coopération sénégalo-israélienne, le couple de danseurs israéliens, Jill et Amnon Damti, a animé ce samedi au centre culturel Blaise Senghor un atelier de danse. Destiné à de jeunes danseurs sénégalais, cet atelier était axé sur un échange portant sur la danse moderne et la danse en mimique. Pour le couple de danseurs dont l’un est malentendant, ce fut une belle expérience qu’ils souhaitent renouveler à l’avenir.

On dit souvent que l’art est une question de sensations et que la musique particulièrement est l’art de combiner les sons de manière à les rendre agréables à l’oreille. Et que faire quand l’oreille n’est pas en mesure de percevoir ces sons ? C’est en tout cas tout le paradoxe qui ressort du couple de danseurs, Jill et Amnon Damti. Malentendant depuis sa naissance, Amnon se laisse pourtant bercer par les sons. Et depuis 28 ans maintenant, il mène avec sa femme Jill une carrière de danseur professionnel avec son groupe «Two wolrds», autrement dit deux mondes. Actuellement au Sénégal dans le cadre de la célébration des 60 ans de la coopération sénégalo-israelienne, le couple de danseurs d’origine israélienne a animé ce samedi au centre culturel Blaise Senghor un atelier à l’intention de jeunes danseurs sénégalais. Pour eux, ce fut une belle expérience une expérience à renouveler. «Actuel­lement, on est en train de faire une tournée africaine à travers l’ambassade d’Israël au Sénégal. C’est notre première expérience africaine. On a apporté une danse moderne en venant à cet atelier et on a aussi eu à faire avec le langage des signes. Dieu merci, on a eu à apprendre d’eux (les danseurs sénégalais) un style vraiment unique. Ce sont d’excellents danseurs ! On espère nouer ce partenariat pour continuer la collaboration. Que ça soit ici au Sénégal ou en Israël», a déclaré Jill au terme de l’atelier de dan­se.
Vendredi dernier déjà, le couple avait aussi animé des spectacles au village d’enfants Sos et encore à l’école renaissance des sourds muets à Hann Maristes, histoire de montrer aux mômes qu’il n’y a pas de limite à être né avec un handicap. Ils étaient vraiment émerveillés de voir Amnon jouer sur scène, et c’était vraiment inspirant de voir une personne de cette envergure qui a des limites certes naturelles mais qui parvient à les surmonter. En effet lorsqu’il est sur la piste de danse, Amnon joue à la perfection son rôle. Mimant le cri des dauphins, les gestes sordides des chameaux, ou des chiens, au point qu’on est loin de s’imaginer qu’il a un handicap. «Amnon ne se considère pas comme une personne limitée à cause d’un handicap. Il ne se sent pas comme une personne souffrant d’un handicap. Ce qui facilite la chose. Et même s’il ne peut pas entendre la musique, moi à mon niveau je suis capable de lui transmettre par le langage des signes pour qu’il puisse ressentir la musi­que», lance sa femme, sa coéquipière dans la vie et sur la piste de danse. A force de le côtoyer sur scène pendant presque trois décennies, c’est devenu même insignifiant pour Jill de le voir dan­ser.
L’importance aujourd’hui, c’est qu’à travers la danse qu’ils puissent véhiculer leur histoire et accéder à une part de liberté. «On a une sorte de danse qu’on appelle l’homme avec une ombre d’un oiseau. C’est l’histoire de Amnon qui a eu à rêver d’un oiseau. Et à travers ce rêve, il voulait exprimer une certaine liberté à travers les contingences naturelles.» A croire que Amadou et Myriam ne sont pas le seul couple d’artistes capable de repousser ses limites.
aly@lequotidien.sn

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