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Hier se sont ouvertes les Assises de la société civile qui vont prendre fin demain. Il s’agit de l’atelier national de clôture et de restitution des travaux des régions et des groupes thématiques. A la fin des travaux, une synthèse intitulée «Rapport national des assises de la société civile» sera remis à qui de droit.

La dernière réserve forestière de Kolda, située dans la commune de Comba Kara, est menacée par le trafic de bois. L’alerte a été lancée par la société civile de la région dans son rapport présenté hier, lors de l’atelier national de clôture et de restitution des travaux des régions et des groupes thématiques des Assises de la société civile du Sénégal. D’après le document, cette coupe anarchique du bois cause la dégradation de l’habitat sauvage. A côté de cette agression contre la forêt, la couverture végétale est aussi exposée aux feux de brousse. En effet, dans ses recommandations, le rapport propose la mise en place de brigades vertes pour la protection des forêts et l’augmentation du budget alloué à l’environnement. Pour le cas de Ziguin­chor, le rapport prévient qu’«une mauvaise gestion des ressources naturelles peut remettre en cause les acquis du processus de paix», en prenant l’exemple du chef rebelle, Salif Sadio, qui refuse l’exploitation du zircon dans la région, mais aussi la tuerie de Boffa-Bayotte. Alors, «si le processus de paix est grippé, nous pensons qu’il y aura de réels risques que dans certaines zones, la présence de l’Etat ne soit pas significative pour cause d’insécurité. Une pareille situation ne fera que favoriser la coupe illicite de bois, les fraudeurs pouvant opérer en toute impunité», concluent les Ziguinchorois. Ils demandent à l’Etat de favoriser l’insertion des jeunes pour éviter leur radicalisation et donner un minimum d’information aux populations sur les négociations avec le Mfdc (Mouvement des forces démocratiques de la Casamance).
Toujours sur la question liée à la gestion des ressources naturelles (extractives et forestières/foncière, paix et sécurité), à Sédhiou, il a été également constaté une coupe abusive de bois, convoyé clandestinement vers la Gambie et l’exploitation abusive des carrières. Les pratiques illicites de pêche, la sur-salure des eaux, dit la société civile, sont les principales contraintes à la pêche. Autre chose aussi dans la même zone, les sols sont dégradés du fait de l’érosion et de la salinisation. Conséquences, les agriculteurs assistent à une perte peu à peu des domaines agricoles.
A Saint-Louis, les défis soulevés restent la préservation de l’environnement, à l’avenir de l’agriculture et de la pêche avec l’arrivée des hydrocarbures. Le rapport sur Thiès met, lui, le doigt sur le problème de la gouvernance foncière. Les infrastructures, la sécurité alimentaire, la migration, l’emploi des jeunes figurent aussi dans les sujets abordés. Selon le président du bureau des Assises nationales de la société civile du Sénégal, Amacodou Diouf, «l’objectif est de renforcer la place et le rôle des organisations de la société civile dans l’élaboration, la mise en œuvre, le suivi et évaluation des politiques publiques, tant au niveau national que local».
msakine@lequotidien.sn

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