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D’après Macky Sall, l’indépendance de la justice est une réalité au Sénégal. Sans les citer, le président de la République s’est lavé à grande eau dans les dossiers judiciaires de Khalifa Sall, Abdoul Mbaye, Bamba Fall et autres. Au contraire, le chef de Benno bokk yaakaar juge «faciles» les accusations d’«instrumentalisation de la justice pour liquider des adversaires politiques».

Dans la chaleur de la prison de Rebeuss, Khalifa Sall, Bamba Fall et Cie ont sans doute écouté les mises au point de Macky Sall et ses lieutenants installés dans la commodité du King Fahd Palace. Dans la cadre d’une réunion sur les Législatives du 30 juillet tenue samedi, le président de la République, sans citer de nom, s’est pour la première fois exprimé en public sur les déboires judiciaires de certains opposants politiques qui l’accusent d’«instrumentalisation de la justice» pour «liquider» de potentiels adversaires. Aux côtés des autres leaders de la coalition Benno bokk yaakaar comme Moustapha Niasse, Robert Sagna, Ousmane Tanor Dieng qui, dit-on, est «en voyage», il estime que ces dossiers judiciaires doivent être appréhendés sous un double angle. «Quelques exemples suffisent à montrer que l’indépendance de la Magistrature au Sénégal n’est pas une chimère. Très souvent, le gouvernement fait des recours jusqu’à la Cour suprême pour faire appel de décisions rendues en première instance. Parfois, l’Etat aussi perd en appel. Donc, il est facile, lorsqu’on se situe dans une mauvaise passe, d’accuser le président de la République ou le gouvernement de faire de l’ingérence dans le fonctionnement de la justice», contre-attaque-t-il, sous des ovations nourries d’une salle acquise à sa cause. C’est sans doute là une réponse indirecte aux avocats du maire de Dakar qui lui ont adressé une lettre, à Abdoul Mbaye qui suggère une main invisible du pouvoir dans le dossier qui l’oppose à son ex-épouse, entre autres.

«Il n’appartient ni au gouvernement ni à l’opposition
de dire qui est coupable ou pas»
Président du Conseil supérieur de la magistrature, le chef de l’Etat clarifie : «Je dois vous informer que depuis plus de 25 ans, toutes les réformes qui concernaient l’indépendance de la Magistrature, l’amélioration des conditions de travail et de vie des magistrats n’ont pas connu d’évolution. C’est avec nous que l’ensemble des textes qui organisent (les institutions judiciaires) ont pu être débloqués, donnant à la Magistrature une plus grande liberté, surtout en ce qui concerne la matière disciplinaire. Même si le président de la République est le président du Conseil supérieur de la magistrature et que le garde des Sceaux en assure la vice-présidence, ces deux autorités ne participent nullement dans le processus interne d’évaluation positive et de sanctions des magistrats. C’est irréfutable.» Le président de Bby invite les uns et les autres à avoir un «devoir de réserve» sur les dossiers judiciaires en cours d’instruction. «Seuls les juges ont la compétence de dire qui est coupable ou pas. Il n’appartient ni au président de la République ni au gouvernement, ni à l’opposition ou qui que ce soit, dans une République, de décider de la culpabilité ou non d’un citoyen dans quelque dossier que ce soit», assure-t-il.

Les «fanfaronnades» de l’opposition qui «évite le débat»
sur son bilan  
Sur les critiques de l’opposition de façon générale qu’il ne juge pas «objectives», Macky Sall rappelle que tous les organismes internationaux s’accordent à dire que le Sénégal est sur la bonne voie en termes de gouvernance politique. D’ailleurs, il constate que l’opposition «évite le débat» sur son bilan. «Ils nous parlent de dictature et que le président de la République est une menace pour la démocratie. Pourtant, on ne verra jamais un seul détenu d’opinion. Cela n’existe pas depuis que nous sommes au pouvoir», souligne-t-il, avertissant que les «fanfaronnades» de l’opposition ne sauraient le dévier de sa trajectoire. «On hiberne pendant 4 ans, à la veille des élections, on se réveille, fait du tintamarre et on pense pouvoir soulever des montagnes. C’est par un travail méthodique, rationnel et l’occupation du terrain de façon permanente qu’on va convaincre les populations et non par la guerre médiatique et surtout le terrorisme verbal», raille Macky Sall.

bgdiop@lequotidien.sn

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