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L’atteinte de la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans la région de Matam se heurte à plusieurs contraintes. Dans le domaine agricole par exemple, le comité régional de la Société civile relève «l’insuffisance des superficies aménagées allouées aux ménages (0,25 ha, 0,5 ha), l’absence de semences de qualité adaptées à la culture pluviale et de décrue, le manque d’accompagnement, l’insuffisance des équipements agricoles surtout en zone sylvo-pastorale, de stockage, les difficultés de commercialisation des produits…».
Dans le domaine de l’élevage pastoral, les goulots d’étranglement se résument selon les assisards de la Société civile, «à l’insuffisance des infrastructures et des équipements pastoraux (forage, parc à vaccination, abreuvoir, borne fontaine, magasin, pare-feu….), la recrudescence des feux de brousse, la surexploitation continue des ressources naturelles, l’avancée du front agricole au sud du Ferlo, la faible disponibilité de l’aliment de bétail, l’insuffisance de sujets de race pour l’amélioration de la qualité du cheptel». A ces contraintes, ils ajoutent «l’insuffisance des unités de conservation et de valorisation des produits animaliers, la méconnaissance des techniques de stockage et de conservation du lait…. ».
Concernant la pêche et l’aquaculture, les difficultés portent sur «la dégradation des écosystèmes, des cours d’eau liée à l’ensablement, l’érosion, la vétusté des engins de pêche, l’insuffisance des aménagements piscicoles, l’absence d’infrastructures de débarquement, de conditionnement et de conservation des produits halieutiques, le manque d’organisation et de formation des pêcheurs».
Face à cette situation, les organisations de la Société civile recommandent entre autres, «le renforcement de capacités productives des exploitations agro-sylvo-pastorales et aquacoles à travers l’augmentation des superficies allouées aux ménages ; la revalorisation de l’agriculture pluviale et de décrue, la vulgarisation des jardins familiaux ; l’amélioration de la santé animale, l’accès aux intrants et aux équipements agricoles, pastoraux et de pêche». Le comité régional suggère, par ailleurs, «l’augmentation des infrastructures et des équipements agro-sylvo-pastoraux et aquacoles, le renforcement de capacités organisationnelles et de gestion ainsi que l’accès au financement des organisations de la Société civile et des organisations paysannes, la promotion de l’entreprenariat rural par la réalisation d’activités génératrices de revenus et créatrices d’emplois pour les femmes ; mais également, la promotion et la valorisation de la transformation des produits agro-sylvo-pastoraux et aquacoles et l’appui à la commercialisation …».
Dans cette région du Nord du Sénégal, la pluviométrie est souvent déficitaire. La Société civile demande ainsi au gouvernement, à travers ses structures de recherche, de mettre à la disposition des agriculteurs des semences à cycle très court adaptées aux saisons moins pluvieuses.
Au cours des Assises, le comité régional de Matam a travaillé sur la thématique relative à «la sécurité alimentaire». Il a ainsi dressé les potentiels de la région. Sur le foncier, le rapport relève qu’«un potentiel de 716 mille 642 ha de terre cultivable qui offre la possibilité de pratiquer l’agriculture irriguée, l’agriculture pluviale et de décrue. La région renferme des ressources en eau de surface et souterraines favorables à l’agriculture irriguée, la pêche et l’aquaculture.Matam dispose également, d’une vaste zone pastorale et d’un cheptel estimé à 1 million 486 mille 79 têtes et d’importantes ressources forestières ; mais également d’importantes ressources humaines caractérisées par une jeunesse, une multiplicité de projets, de programmes et des structures techniques».
dialigue@lequotidien.sn

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